Portes de quai et facture de chauffage : un calcul à faire avant l’hiver québécois
Dans une usine ou un entrepôt québécois, les portes de quai sont souvent les plus grandes ouvertures du bâtiment, et elles s’ouvrent des dizaines de fois par jour pendant six mois d’hiver. Une partie de la facture de chauffage s’échappe par là. Pour un dirigeant de PME, le sujet mérite un calcul plutôt qu’une intuition, d’autant qu’Hydro-Québec finance une partie de ce type de projet.
Où part la chaleur
Trois sources de pertes reviennent dans la plupart des diagnostics. Il y a d’abord l’écart entre la remorque et le bâtiment pendant le chargement, quand l’abri de quai est usé ou mal dimensionné. Viennent ensuite les portes elles-mêmes, laissées ouvertes trop longtemps ou mal isolées. Enfin, le niveleur peut laisser passer de l’air froid par ses côtés si ses joints sont absents.
Une étude publiée en 2019 dans la revue Thermal Science and Engineering Progress a mesuré l’effet du remplacement d’abris à rideaux par des abris gonflables dans un grand centre logistique espagnol. Les infiltrations d’air extérieur ont baissé d’environ 88% dans les zones réfrigérées. Le contexte est différent du Québec, où l’enjeu principal est le chauffage, mais le mécanisme est le même : moins d’air extérieur qui entre, moins d’énergie pour le compenser.
Des fournisseurs spécialisés comme Canado Nacan, établi à Saint-Laurent depuis 1976, proposent ce type d’analyse énergétique avant de recommander un équipement. C’est une étape utile, car la bonne solution dépend du nombre d’ouvertures par jour, de la température intérieure et du type de remorques reçues.
Les mesures, de la moins chère à la plus lourde
- Remplacer les joints et les rideaux usés d’un abri de quai existant.
- Ajouter des joints périphériques au niveleur.
- Installer des portes rapides entre le quai et la zone chauffée.
- Changer les abris pour un modèle adapté à la taille réelle des remorques.
- Ajouter des ventilateurs de grand diamètre qui ramènent vers le sol l’air chaud accumulé sous le toit.
Les premières mesures coûtent quelques milliers de dollars et se rentabilisent souvent en peu d’hivers. Les dernières demandent un vrai calcul de retour sur investissement.
Regarder l’ensemble du bâtiment
Le quai n’est qu’une partie de l’enveloppe thermique. Dans beaucoup d’entrepôts, l’éclairage, le système de chauffage et la gestion de la puissance appelée pèsent aussi lourd dans la consommation d’énergie. Passer à un éclairage DEL avec détecteurs dans les zones de stockage, revoir la régulation du chauffage la nuit et la fin de semaine, ou décaler certains processus énergivores hors des heures de pointe sont des mesures d’efficacité énergétique souvent plus rapides à mettre en place qu’un chantier au quai.
Une analyse énergétique de l’installation permet de classer ces mesures par coûts et par économies attendues, de manière à commencer par celles qui libèrent du budget pour les suivantes.
L’appui d’Hydro-Québec
Le programme Solutions efficaces d’Hydro-Québec s’adresse aux entreprises qui améliorent la performance énergétique de leurs bâtiments situés au Québec. Son volet Moyennes et grandes entreprises prévoit un appui pouvant atteindre 75% des coûts admissibles, avec une offre simplifiée pour les mesures courantes et une offre sur mesure accompagnée par des spécialistes. Un volet Analyse énergétique aide aussi à financer le diagnostic de départ.
Avant de signer un bon de commande, il est donc logique de vérifier si le projet est admissible et de déposer le dossier dans le bon ordre, car certains appuis exigent une approbation préalable.

Commentaires
Laisser un commentaire