Droit

Peut-on être en arrêt maladie 1 jour sans justificatif ?

Le novembre 7, 2025 - 7 minutes de lecture
en arrêt maladie

Lorsqu’un salarié ne se sent pas en état de travailler, même pour une seule journée, il peut être tenté de rester chez lui pour se reposer, sans nécessairement consulter un médecin. Cela soulève une question simple mais importante : est-il autorisé de s’absenter un jour pour raison de santé sans fournir de justificatif à son employeur ?

Ce que prévoit la loi sur l’arrêt maladie, même d’un jour

Le droit du travail est clair sur un point : toute absence pour cause de maladie doit être justifiée. Cela signifie qu’en cas d’incapacité de travail, le salarié doit consulter un professionnel de santé, obtenir un arrêt maladie et transmettre ce document à son employeur dans un délai de 48 heures. Cette règle s’applique quelle que soit la durée de l’absence, y compris pour une seule journée.

Aucune loi ne prévoit explicitement la possibilité de s’absenter une journée pour maladie sans certificat médical. Même si l’arrêt ne concerne qu’un seul jour, l’obligation de justification reste valable. Cela signifie qu’un salarié qui décide de rester chez lui pour cause de fatigue ou de symptômes bénins, sans consulter un médecin, s’expose à un risque légal. Si l’employeur décide d’appliquer strictement le Code du travail, il peut retenir cette journée sur le salaire et considérer que le salarié a manqué à ses obligations.

Cela étant dit, certaines entreprises appliquent une forme de tolérance. Il arrive que des employeurs acceptent, de manière informelle, une absence courte non justifiée, notamment si le salarié prévient à l’avance et que cela reste exceptionnel. Cette souplesse peut reposer sur la confiance ou sur une habitude établie au sein de l’équipe. Toutefois, il s’agit d’un usage interne et non d’un droit. En cas de litige, le salarié ne pourra pas invoquer cette tolérance pour se défendre.

Rôle des conventions collectives et du règlement intérieur

Dans certains secteurs ou entreprises, la convention collective applicable prévoit des règles particulières. Il existe en effet quelques conventions qui autorisent un nombre limité de jours d’absence maladie sans obligation de fournir un arrêt médical. Par exemple, il peut être permis de s’absenter deux ou trois jours par an pour raisons de santé sans fournir de justificatif, à condition que ces jours ne soient pas consécutifs. Ces dispositions restent rares et doivent impérativement être vérifiées par le salarié en consultant sa convention collective ou en se renseignant auprès du service des ressources humaines.

Certaines entreprises, même en l’absence de clause dans une convention, peuvent avoir mis en place des pratiques internes qui permettent une souplesse encadrée. Cela peut prendre la forme d’une journée de tolérance par an, d’un quota de jours sans justificatif, ou d’un règlement intérieur mentionnant cette possibilité. Ces règles doivent être clairement connues par les salariés. En leur absence, toute absence non justifiée peut être interprétée comme fautive.

Dans tous les cas, le salarié doit toujours informer son employeur dès qu’il sait qu’il ne pourra pas venir travailler. Le simple fait de prévenir est un minimum indispensable pour ne pas aggraver la situation. Même si aucun justificatif n’est fourni, l’absence de communication peut entraîner une réaction plus sévère de l’entreprise.

rester chez soi

Quelles sont les alternatives possibles au justificatif médical ?

Poser un jour de congé payé

Poser un jour de congé permet de rester chez soi pour se reposer sans avoir à consulter un médecin ni fournir de certificat. L’absence est alors couverte de manière officielle, et la rémunération est maintenue. Bien entendu, il faut que le salarié dispose de jours de congé disponibles et que la demande soit acceptée par l’employeur, ce qui n’est pas toujours automatique si le délai est très court. Toutefois, dans la majorité des cas, cette demande est acceptée si elle reste exceptionnelle.

Utiliser un jour de RTT

Dans les entreprises qui appliquent un système de réduction du temps de travail, le salarié peut utiliser un jour de RTT pour s’absenter. Comme pour les congés payés, cette solution permet d’éviter une absence injustifiée. Les conditions d’utilisation des RTT peuvent varier selon les accords d’entreprise, mais cette option est généralement bien tolérée lorsqu’elle est anticipée et qu’elle reste occasionnelle.

Proposer le télétravail ponctuel

Le télétravail peut être une alternative intéressante si l’état de santé du salarié le permet. En cas de fatigue passagère ou de symptômes légers, il est parfois possible de travailler depuis chez soi. Cette solution permet de rester actif tout en évitant les déplacements et en respectant un certain besoin de repos. Tout dépend bien sûr du type de poste occupé et de la politique de l’entreprise en matière de télétravail. Il est nécessaire d’en discuter en amont avec son responsable pour éviter toute incompréhension.

Demander un jour de récupération ou un crédit d’heures

Dans certaines entreprises, un système de récupération ou de banque d’heures existe. Le salarié peut avoir accumulé des heures supplémentaires ou bénéficier d’un aménagement du temps de travail lui permettant de poser un jour de récupération. Cette option doit être validée par l’employeur et enregistrée selon les règles internes. Elle offre une solution souple et encadrée pour faire face à une indisposition de courte durée, sans avoir à consulter un médecin.

Informer l’employeur et demander une tolérance exceptionnelle

Enfin, dans certains cas, il est possible de demander à son employeur une tolérance ponctuelle pour un jour d’absence non justifié. Cela peut se faire oralement ou par écrit, en expliquant la situation de manière transparente. Cette solution repose entièrement sur la confiance entre le salarié et son employeur. Elle n’est pas encadrée légalement, mais peut être acceptée dans une équipe soudée ou lorsque le salarié est habituellement fiable. Attention toutefois, cela reste une exception et ne doit pas devenir une habitude.

Quels risques si aucun justificatif n’est fourni ?

Il est essentiel de rappeler que sans arrêt maladie prescrit par un médecin, l’Assurance Maladie ne versera aucune indemnité journalière. De plus, si l’entreprise prévoit un maintien de salaire en complément, celui-ci est souvent conditionné à la transmission d’un justificatif médical. Sans ce document, le salarié peut perdre non seulement une journée de salaire mais aussi le complément éventuel de l’employeur.

En cas d’absence non justifiée répétée, l’employeur peut aller jusqu’à déclencher une procédure disciplinaire. Cela peut commencer par un simple avertissement, mais dans certains cas, cela peut aller jusqu’à un licenciement pour faute si les absences deviennent fréquentes et injustifiées.

La jurisprudence ne vient pas assouplir ces règles. Les tribunaux rappellent régulièrement que l’absence de justificatif rend l’absence illégitime, même si elle ne dure qu’un jour. Aucun salarié ne peut se prévaloir d’un droit à s’absenter sans certificat médical, sauf exception clairement encadrée.

Thomas

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