2 auto-entrepreneurs sous le même nom commercial : est-ce possible ?
Trouver un bon nom, c’est souvent l’un des moments les plus enthousiasmants quand on se lance à son compte. On note des idées dans un coin de carnet, on en parle autour de soi, on vérifie si le nom “sonne bien” et s’il colle à ce qu’on veut transmettre. C’est un peu comme choisir le prénom de son activité. Mais ce petit moment d’excitation peut vite se transformer en doute, voire en galère, quand on se rend compte qu’un autre indépendant utilise déjà le même nom. Hasard ou pas, ça arrive plus souvent qu’on ne le pense. Et là, une question très simple se pose : est-ce que c’est vraiment un problème ?
Ce qu’on appelle vraiment un nom commercial
Avant d’aller plus loin, il faut bien faire la différence entre le nom commercial, la dénomination sociale et le nom de domaine. En tant qu’auto-entrepreneur, votre nom officiel reste votre nom et prénom : c’est ce qui figure dans les registres de l’INSEE et sur votre numéro SIRET. En revanche, vous avez la possibilité d’adopter un nom commercial, c’est-à-dire un nom que vous utilisez pour vous faire connaître auprès de vos clients.
Par exemple, si votre nom est Julie Martin et que vous proposez des prestations de graphisme, vous pouvez parfaitement exercer sous le nom de « Studio Graphika » ou « Julie Design ». Ce nom peut figurer sur vos factures, vos flyers ou votre site internet. Il n’a pas de valeur juridique automatique, mais il peut être protégé si vous faites les démarches nécessaires, notamment en l’enregistrant comme marque auprès de l’INPI.
Et c’est ici que la question prend tout son sens : si vous n’avez pas protégé ce nom, d’autres peuvent-ils l’utiliser aussi ? Et si deux auto-entrepreneurs choisissent par hasard le même nom commercial, est-ce vraiment interdit ?
Deux auto-entrepreneurs peuvent-ils utiliser le même nom ?
Techniquement, rien ne vous empêche de choisir un nom commercial qui existe déjà, à condition qu’il ne soit pas déposé comme marque et que vous ne créiez pas de confusion avec une autre activité.
Par exemple, deux personnes différentes peuvent exercer sous le nom de « Couture Créative » dans deux régions distinctes, si aucune d’entre elles n’a protégé ce nom et que leurs activités ne se chevauchent pas. Le problème surgit dès lors qu’il y a concurrence directe, risque de confusion, ou utilisation d’un nom protégé.
Si un auto-entrepreneur a déposé ce nom à l’INPI comme marque, vous ne pouvez pas l’utiliser, même si vous êtes dans un autre département ou dans un autre secteur d’activité. Le dépôt donne un droit d’usage exclusif sur la dénomination, dans le périmètre d’activité concerné.
De même, si un nom commercial est largement utilisé par une entreprise déjà bien implantée, l’utiliser peut être risqué. Cela peut être considéré comme de la concurrence déloyale ou de la parasitisme économique, surtout si vous profitez de la notoriété d’un autre sans lien avec lui.
Les risques en cas de doublon de nom commercial
Utiliser un nom déjà pris peut entraîner des problèmes sérieux. Vous pouvez être contacté par un autre professionnel qui vous demande de cesser d’utiliser ce nom, notamment si lui l’a déposé officiellement. Si vous refusez, il peut engager une procédure de mise en demeure, voire une action en justice.
Même sans dépôt officiel, une entreprise peut prouver l’usage antérieur d’un nom commercial et demander des dommages et intérêts si elle démontre que votre activité nuit à son image ou à sa clientèle. En matière de propriété intellectuelle, ce n’est pas toujours celui qui utilise un nom en premier qui est protégé, mais celui qui a pris la peine de le déposer ou de le faire reconnaître légalement.
Il existe aussi un risque commercial. Si une autre activité porte le même nom que la vôtre, vous pourriez souffrir de confusion, de commentaires négatifs liés à une autre entreprise, ou de difficultés de référencement sur internet. Sans parler de la crédibilité, qui peut être affaiblie si vos clients pensent que votre nom n’est pas unique.
Comment protéger efficacement son nom commercial
Si vous avez trouvé un nom original pour votre auto-entreprise, le meilleur moyen de le sécuriser est de le déposer comme marque auprès de l’INPI. Ce dépôt coûte environ 190 € pour une seule classe d’activité, et la protection est valable 10 ans, renouvelable. Ce droit vous permet d’interdire l’usage de ce nom à tout concurrent sur le territoire français dans le domaine concerné.
Il est aussi judicieux de vérifier la disponibilité du nom de domaine associé, si vous prévoyez de créer un site web. Acheter le .fr et le .com vous donne une visibilité et limite les risques de confusion avec d’autres structures. Un nom de domaine n’offre pas de protection juridique totale, mais c’est un bon complément à une stratégie de nom cohérente.
Enfin, pensez à communiquer systématiquement avec votre nom commercial sur tous vos supports. Cela renforce votre identité professionnelle, facilite la reconnaissance par vos clients et prouve l’ancienneté de votre usage en cas de litige.

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