Yannick Moreau

Petit-déjeuner autour de Martin Bouygues

En présence d'Olivier Dassault, Jean-Michel Fourgous, Jacques-Alain Bénisti, Philippe Briand, Bernard Brochand, Guillaume Chevrollier, Edouard Courtial, Virginie Duby-Muller, Claude de Ganay, Annie Genevard, Claude Greff, Valérie Lacroute, Charles de la Verpillère, Isabelle Le Callennec, Marc Le Fur, Véronique Louwagie, Gilles Lurton, Patrice Martin-Lalande, Yannick Moreau, Pierre Morel A l'Huissier, Yves Nicolin, Patrick Ollier, Bernard Perrut, Frédéric Reiss, Arnaud Robinet, François Scellier, 

En présence d'Olivier Dassault, Jean-Michel Fourgous, Jacques-Alain Bénisti, Philippe Briand, Bernard Brochand, Guillaume Chevrollier, Edouard Courtial, Virginie Duby-Muller, Claude de Ganay, Annie Genevard, Claude Greff, Valérie Lacroute, Charles de la Verpillère, Isabelle Le Callennec, Marc Le Fur, Véronique Louwagie, Gilles Lurton, Patrice Martin-Lalande, Yannick Moreau, Pierre Morel A l'Huissier, Yves Nicolin, Patrick Ollier, Bernard Perrut, Frédéric Reiss, Arnaud Robinet, François Scellier, 

autour de Martin Bouygues

Président Directeur Général du groupe Bouygues

sur le thème :

"Normes et contraintes fiscales : comment continuer à être performant ?"

La dernière revue est en ligne !

GEEA vient de publier son livre blanc !

L'or bleu, un potentiel insuffisamment exploité par Yannick Moreau

Ancien directeur du Vendée Globe, Yannick Moreau, député de Vendée, regrette que la loi croissance bleue n’ait pas été à la hauteur des enjeux de notre pays. Il croit au potentiel militaire, économique, écologique et pas seulement touristique de la mer. Yannick Moreau a récemment été nommé délégué national de la mer et de la pêche aux Républicains.

Vous plaidez régulièrement pour le développement de « l’ambition maritime de la France ». Qu’est ce qui manque aujourd’hui dans ce secteur ?

« Les larmes de nos souverains ont le goût salé de la mer qu’ils ont ignorée ».
Ces mots du Cardinal de Richelieu, résonnent à nos oreilles avec une triste actualité trois siècles plus tard.
Les prises de position du Gouvernement sur la question de la mer, souvent à l’occasion de sommets environnementaux, ne sont que de timides et insuffisantes avancées pour le secteur maritime français. La proposition de Loi « croissance bleue », de mon collègue Arnaud LEROY (PS) est une timide avancée en la matière. J’ai voté ce texte, qui apporte des réponses techniques, mais qui ne peut pas remplacer une action énergique de l’Exécutif. Le Gouvernement est par ailleurs schizophrène : pourquoi diviser les (maigres) énergies dont dispose le Secrétaire général de la Mer placé auprès du Premier ministre, en développant auprès du ministre de l’Ecologie la fonction de délégué à la mer et au littoral ?

La France doit avoir une politique globale, ambitieuse et cohérente. Elle doit renouer avec ses
rêves d’exploration des vastes horizons et de conquête des mers, qui sont vecteurs de développement économique et d’emplois.
Tant que nos ministres considéreront la Mer uniquement comme étant un lieu de villégiature estivale, la France ne saura pas saisir la formidable opportunité que ce secteur représente.
Le premier point, fondamental, à changer c’est bien le regard que nous portons sur la Mer.

Si les Français redécouvrent leur Histoire maritime et qu’ils aperçoivent dans ce secteur des
possibilités pour demain, alors notre Nation reprendra le bon cap. La Mer est en effet une
partie de notre avenir, qui ne s’oppose pas à la terre bien au contraire.

Vous évoquez une politique « globale, ambitieuse et cohérente », quels en seraient les conditions ?

Lors d’une intervention dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale en février 2016, j’avais
plaidé pour affermir aux yeux du monde la souveraineté de la France sur ses espaces maritimes, avec nos moyens militaires, scientifiques et diplomatiques, afin de ne pas perdre cet avantage qui fait de nous une grande puissance, disposant du deuxième espace maritime mondial.
Affermir notre souveraineté maritime c’est aussi se donner les moyens de contrôler et d’intervenir sur ce domaine. La police et la Marine nationale ne disposent pas aujourd’hui des équipements nécessaires à cette mission, alors que de nombreux pêcheurs pillent allègrement les ressources françaises et que les mers sont le théâtre de trafics en tous genres. Les frégates ou les escorteurs chargés de prévenir ces vols et d’assurer, par une surveillance effective, la maîtrise de nos territoires, sont pour la plupart des bâtiments vétustes et leur nombre est d’ailleurs largement insuffisant. Sur cette problématique essentielle, la défense de nos espaces maritimes, le Gouvernement devrait être en mesure d’apporter une réponse très concrète.

Il est aussi urgent de nous préoccuper de la préservation de nos océans. C’est une condition
sine qua non pour toute ambition maritime. Nos priorités doivent se tourner vers une protection raisonnée de la biodiversité afin de conserver durablement l’identité et le potentiel stratégique que représentent nos territoires marins (qualité de l’eau, gestion des déchets, énergies propres, respect des cycles de reproduction des espèces marines, défense des zones côtières…). Autant d’enjeux que la COP 21 n’a pas su prendre véritablement en compte, malgré de beaux effets d’annonce. C’est assez logique puisque le Gouvernement considère, notamment les pêcheurs, comme des braconniers et non comme des entrepreneurs responsables.

Selon vous, la Mer ne devrait pas dépendre du Ministère de l’Ecologie ?

C’est effectivement mon point de vue, mais aussi celui de l’immense majorité des professionnels de ce grand secteur ! La vision d’une écologie punitive, qui empile en permanence des normes et des règlementations, est contreproductive. Il faut donner à la Mer une action transversale et ne pas l’isoler. Cela passe par des institutions, en renforçant le Secrétariat général de la Mer auprès du Premier ministre, mais aussi en l’associant davantage avec le Ministère de l’Economie.

La France est présente sur tout le globe, c’est un atout formidable. D’autant plus que la mer
est un milieu très large et touche à de nombreux domaines : commerce, relations internationales, énergie, recherches scientifiques, environnement, loisirs, et bien sûr le sport.

Avec neuf milliards de tonnes de marchandises transportées chaque année, la voie maritime est le premier mode de transport. Si le tourisme et les domaines pétrolier et parapétrolier semblent solides et bien dimensionnés, d’autres secteurs comme l’aquaculture, l’économie portuaire et la marine marchande, les énergies marines renouvelables, l’exploitation des minerais et la construction navale ont un potentiel largement sous-exploité comme le démontre une étude de la Fondation Concorde de juillet 2013.

Les secteurs de l’économie maritime représentent environ 500.000 emplois sur l’ensemble
du territoire dont plus de la moitié dans le tourisme. En 2011, 84,3 % des emplois salariés des classes d’activités hors tourisme dans l’économie bleue sont localisés dans les départements littoraux.
Il est temps de développer réellement les ports français qui aujourd’hui s’apparentent plus à une simple administration maritime qu’à un véritable vivier d’emplois compétitifs en Europe que le Gouvernement continue de délaisser.

Ce sont près de 400.000 emplois qui peuvent rapidement être créés si l’on libère les énergies et les talents !

A l’heure où la France est l’un des derniers pays à ne pas voir son économie reprendre, la question du chômage reste préoccupante. Le domaine maritime ne peut plus être négligé. La filière industrielle maritime à elle seule pourrait proposer un très grand nombre d’emplois à long et à court terme. Les success stories, souvent familiales, sont nombreuses. De même,  l’excellence scientifique doit être mieux valorisée. L’IFREMER doit bénéficier d’un soutien plus grand permettant un développement de la croissance scientifique.

A l’heure où tout devient vert, il nous faut regarder l’avenir de la France en bleu.

Ce problème n’est que français ? L’Union européenne peut-elle aider à sortir de cette impasse ?

Force est de reconnaître que l’Union Européenne actuelle, pour les questions maritimes, est autant un allié qu’un prédateur. Certes, il existe des fonds d’aide et de modernisation utiles, mais la vision technocratique demeure trop persistante.

J’ai eu l’occasion de le dire au commissaire européen Karmenu VELLA à l’occasion de son audition à l’Assemblée Nationale, et je l’ai invité à venir voir la réalité de nos territoires.

Il verrait ainsi la détresse de tous ces chefs d’entreprises marins-pêcheurs, qui voient chaque
année la « roulette bruxelloise » renégocier les quotas et totaux admissibles de capture (TAC).
Quel secteur économique accepterait de voir la taille de son marché être remise en cause ainsi chaque année de manière aussi brutale ?

Comment prévoir les investissements nécessaires pour les années à venir dans ces conditions ?
Il y a pourtant des choses à mettre en oeuvre, notamment en transposant la réussite du Cluster maritime France au niveau européen, permettant de réaliser des études approfondies sur ces enjeux. Mais les parlementaires nationaux sont actuellement trop éloignés. Les groupes de travail spécialisés du Sénat et de l’Assemblée nationale ne se connaissent pas et ne travaillent pas ensemble. C’est pour cela que j’ai plaidé pour leur rapprochement, recevant un avis favorable du président de la Commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale, à l’instar de ce que font les parlementaires montagnards.

En tant que député élu de « la Vendée littorale » vous êtes directement concerné par la question de « l’économie bleue ». Existe-t-il des recettes appliquées en Vendée et qui pourrait être généralisées pour reproduire le succès de ce département ?

La Vendée, est en effet un véritable laboratoire à ciel ouvert de la « croissance bleue », avec un potentiel de développement considérable qui allie pêche, construction navale, plaisance. Moteur en matière de développement d’énergie éolienne offshore au large des deux îles, Yeu et Noirmoutier, leader mondial de la construction navale de navires de plaisance avec le groupe Bénéteau, deuxième département de pêche français en valeur de poisson débarqué, comptant une filière pêche et marine innovante, unedémographie littorale galopante, des projets vitaux de nouveaux ports de plaisance – suspendus à l’arbitraire des décideurs environnementaux –, organisatrice de l’une des plus grandes épreuves sportives nautiques au monde, le Vendée Globe, la Vendée est un laboratoire à ciel ouvert de cette « croissance bleue » qui pourrait, et devrait, participer au rebond de notre économie.

Concilier identité, grande aventure, exigence technologique et défi sportif, c’est une des marques de fabrique de la Vendée. Il est tout naturel que le Vendée Globe y soit né grâce à l’impulsion de Philippe de Villiers. Tous les quatre ans, cette course fantastique devient aussi le moteur de projets ambitieux, une aventure humaine exceptionnelle qui fait vivre. Le départ de cette 8ème édition sera donné le 6 novembre 2016 aux Sables d’Olonne.

 

Lu dans les Echos : La loi El Khomri, symbole de tous les renoncements

Lu dans les Echos : La loi El Khomri, symbole de tous les renoncements

90 parlementaires, membres de GEEA ont publié cette tribune dans les Echos pour dénoncer le projet de loi El Khomri.

Tribune dans Le Figaro : Pour vaincre le chômage des jeunes, misons sur l'entreprise !

La question écrite de GEEA sur le relèvement des seuils sociaux et fiscaux

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Afin de concrétiser la proposition n°11 du livre blanc, GEEA a proposé à ses parlementaires membres de dépose une question écrite auprès du ministre du travail. L'objectif : relever les seuils sociaux et fiscaux de 10 à 20 et de 50 à 100 salariés. 

"Les comparaisons internationales de démographie d'entreprises montrent, qu'en France, l'augmentation des effectifs d'une entreprise et donc le franchissement de certains seuils, accroît très significativement le coût social pour l'employeur tout en y additionnant de nouvelles réglementations. En France, 7 ans après sa création, une entreprise emploie en moyenne 20 salariés, contre 80 en Grande-Bretagne. L'effectif moyen de toutes les entreprises françaises à leur création est de 2,7 personnes contre 6,6 aux États-unis ou encore 4,5 en Allemagne. Véritable frein psychologique à l'embauche, ces seuils sont perçus par l'employeur comme un facteur de complexification administrative et de hausse des cotisations. À titre d'exemple, le franchissement de la barre des 50 salariés a pour conséquence l'application de 34 législations et réglementations supplémentaires pour un coût représentant 4 % de la masse salariale. Il souhaite savoir si le Gouvernement prendra en compte la proposition de Génération entreprise-entrepreneurs associés, composée 120 de parlementaires, demandant le relèvement des seuils sociaux de 10 à 20 et de 50 à 100 salariés. Une telle mesure atténuera la « peur d'embaucher ». Son impact sur l'emploi serait important : 22 500 entreprises embaucheraient des salariés supplémentaires sans ces seuils sociaux. En 2012, l'INSEE et l'IFRAP évaluaient la perte d'emplois générés par les seuils sociaux entre 70 000 et 140 000 emplois."