Meyer Habib

Notre revue GEEA : Entreprises : les bons tuyaux pour l'innovation et l'emploi

Petit déjeuner autour de Geoffroy Roux de Bezieux, Président du Medef

En présence d’Olivier Dassault, Jean-Michel Fourgous, Valérie Bazin-Malgras, Michel Herbillon, Grégory Besson-Moreau, Valérie Boyer, Yves Bouloux, Bernard Brochand, Gérard Cherpion, Eric Diard, Loïc Dombreval, Jean-Pierre Door, Virginie Duby-Muller, Daniel Fasquelle, Meyer Habib, Laurent Garcia, Philippe Latombe, Charles de La Verpillère, Christophe Naegelen, Bernard Perrut, Jean-François Rapin, Isabelle Valentin, Pierre Vatin, Arnaud Viala et Michel Vialay.

En présence d’Olivier Dassault, Jean-Michel Fourgous, Valérie Bazin-Malgras, Michel Herbillon, Grégory Besson-Moreau, Valérie Boyer, Yves Bouloux, Bernard Brochand, Gérard Cherpion, Eric Diard, Loïc Dombreval, Jean-Pierre Door, Virginie Duby-Muller, Daniel Fasquelle, Meyer Habib, Laurent Garcia, Philippe Latombe, Charles de La Verpillère, Christophe Naegelen, Bernard Perrut, Jean-François Rapin, Isabelle Valentin, Pierre Vatin, Arnaud Viala et Michel Vialay.

sur le thème :

« QUELS CHANGEMENTS POUR LES ENTREPRISES ET LE MEDEF DANS CE MONDE QUI SE TRANSFORME ? »

Notre revue GEEA : Accélérons la croissance !

Le Figaro : «Loi Pacte : il faut aller plus loin pour libérer notre croissance !»

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Les membres de «Génération entreprise-Entrepreneurs associés» soutiennent les mesures de la loi Pacte mais demandent davantage d'audace. - Crédits photo : ERIC FEFERBERG/AFP

Alors que le gouvernement d'Édouard Philippe avait tablé sur une croissance de 2 % en 2018, celle-ci connaît en réalité un vrai coup d'arrêt. En stagnant à 0,2 % du PIB au deuxième trimestre, elle devrait ainsi davantage avoisiner les 1,7 % cette année, avec des conséquences en cascade sur notre niveau de chômage ou la situation de nos finances publiques.

Avec un taux de chômage de 9,2 %, la France reste ainsi en queue de peloton de la zone euro, mais elle apparaît surtout comme le membre de l'Union européenne dont le chômage décroît le plus lentement depuis le début de la reprise. Quant à notre dette, cette dernière continue inexorablement de grimper pour s'élever aujourd'hui à 97,6 % du PIB, un niveau sans précédent dans notre histoire.

Mais alors, après la magnifique victoire de la France au Mondial de football, que faire pour que notre pays devienne, aussi, le champion du monde de l'économie et de l'emploi?

Le plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises, dit loi Pacte, offre une opportunité historique pour déverrouiller les principaux freins à la croissance de nos entreprises, libérer leur capacité d'emploi et débrider, enfin, leur formidable potentiel d'innovation.

» LIRE AUSSI - Ce qui va changer pour les salariés et les entreprises avec la loi Pacte

L'installation d'un guichet unique pour la création d'entreprise, la rationalisation des procédures de redressement judiciaire ou encore la libération de l'intéressement et de la participation, conformément à l'objectif du général de Gaulle de mettre fin aux affrontements stériles entre capital et travail, vont notamment dans la bonne direction. Certaines de ces propositions étaient d'ailleurs présentes dans le livre blanc de «Génération entreprise- Entrepreneurs associés», remis au ministre de l'Économie et des Finances, par les 140 parlementaires membres de cette association d'intérêt général, en janvier de cette année.

Profiter d'une conjoncture économique favorable

C'est pourquoi, si nous soutenons les mesures qui visent à lever les obstacles du développement de nos entreprises, de leur création à leur transmission, en passant par leur financement, nous appelons également de nos vœux que certaines d'entre elles soient beaucoup plus ambitieuses. Comme le préconise le FMI, c'est en effet maintenant qu'il faut «réparer la toiture tant que le soleil brille» en profitant de cette conjoncture économique favorable pour mener des réformes courageuses.

C'est notamment le cas de la simplification des seuils sociaux, ces véritables freins à l'embauche qui conduisent notre pays à cette situation unique au monde: deux fois plus d'entreprises de 49 que de 50 salariés!

Certes, la mise en place d'un délai de cinq ans pour répondre aux obligations et l'harmonisation du mode de calcul des effectifs faciliteront la vie des entrepreneurs. Mais pourquoi ne pas aller plus loin en repoussant toutes les obligations du seuil de 50 salariés, même celles du Code du travail, à au moins 100 salariés? L'enjeu est de taille car si notre pays détient l'un des records du monde en termes de créations d'entreprises, avec 591 000 créations en 2017, ces dernières ne grandissent que trop lentement, avec seulement 5 800 entreprises de taille intermédiaire, contre plus de 12 500 en Allemagne!

Concernant le financement de nos entreprises, il faudrait également plus d'ambition tant le léger renforcement prévu du PEA-PME et des fonds Euro-croissance, deux instruments financiers mis en place sous le précédent quinquennat et qui n'ont jamais rencontré le succès escompté, semble insuffisant face à l'urgence de la situation.

Dès lors, pourquoi ne pas déplafonner le dispositif Madelin, le PEA-PME et le financement participatif? Une telle mesure permettrait de combler la fin de l'ISF-PME et de faire émerger de solides «business angels» pour transformer notre épargne stérile en une épargne fertile, au service de l'emploi des Français. Il s'agit en effet de s'attaquer au sujet crucial du renforcement de l'investissement direct des Français vers nos TPE, nos start-up et nos PME en augmentant considérablement l'incitation fiscale en proportion des risques pris, à l'image de l'exemple britannique avec une incitation forte à investir, jusqu'à 1 million de livres, déductible à 30 % de l'impôt sur le revenu.

Alors oui, ne manquons pas d'audace pour réconcilier les Français avec l'économie et leur donner envie de s'impliquer dans la vie de nos entreprises. C'est une exigence si nous voulons libérer les talents, les énergies, les volontés, pour devenir la «Silicon Valley» de l'Europe à horizon de dix ans et redonner à notre pays l'optimisme qu'il n'aurait jamais dû perdre.

Olivier Dassault, député de l'Oise et président de Génération entreprise- Entrepreneurs associés (GEEA), est par ailleurs administrateur de Dassault Médias, société propriétaire du Figaro. Jean-Michel Fourgous, président de l'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, est délégué général de GEEA. La liste complète des 74 parlementaires cosignataires - parmi lesquels Valérie Bazin-Malgras, députée de l'Aube et vice-présidente de l'Assemblée, Michel Herbillon, député du Val-de-Marne et vice-président de l'Assemblée, Annie Genevard, députée du Doubs et vice-présidente de l'Assemblée - peut être consultée sur FigaroVox.

La liste des signataires:

Olivier Dassault, député de l'Oise; Jean-Michel Fourgous, Président Saint-Quentin-en-Yvelines; Valérie Bazin-Malgras, députée de l'Aube et Vice-Présidente; Michel Herbillon, député du Val de Marne et Vice Président; Annie Genevard, député du Doubs et Vice-Présidente de l'AN; Marc Le Fur, député des Côtes-d'Armor; Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes; Daniel Fasquelle, député du Pas-de-Calais; Laure de La Raudière, députée d'Eure-et-Loir; Damien Abad, député de l'Ain; Sophie Auconie, députée d'Indre-et-Loire; Thibault Bazin, député de Meurthe-et-Moselle; Olivier Becht, député du Haut-Rhin; Martine Berthet, sénatrice de la Savoie; Jerome Bignon, sénateur de la Somme; Jean-Yves Bony, député du Cantal; Ian Boucard, député du territoire de Belfort; Céline Boulay-Esperonnier, sénatrice de Paris; Valérie Boyer, députée des Bouches-du-Rhône; Bernard Brochand, député des Alpes-Maritimes; Fabrice Brun, député de l'Ardèche; Olivier Cadic, Sénateur des français de l'étranger; Jacques Cattin, député du Haut-Rhin; Gérard Cherpion, député des Vosges; Guillaume Chevrollier, Sénateur de la Mayenne; Paul Christophe, député du Nord; Dino Cinieri, député de la Loire; Pierre Cuypers, sénateur de la Seine-et-Marne; Typhanie Degois, députée de Savoie; Remi Delatte, député de Côte-d'Or; Stéphane Demilly, député la Somme; Julien Dive, député de l'Aisne; Philippe Dominati, sénateur de Paris; Marianne Dubois, députée Du Loiret; Pierre-Henri Dumont, député duPas-de-Calais; Jean-Jacques Ferrara, député de Corse du Sud; Nicolas Forissier, Ancien ministre, député de l'Indre; Claude de Ganay, député du Loiret; Laurent Garcia, député de Meurthe-et-Moselle; Meyer Habib, député des Français de l'étranger; Philippe Gosselin, député de la Manche; Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin; Alain Houpert, sénateur de la Côte-d'Or; Brigitte Kuster, députée de Paris; Elisabeth Lamure, Sénatrice du Rhône; David Lorion, député de la Réunion; Sébastien Leclerc, député du Calvados; Ronan Le Gleut, Sénateur des français de l'étranger; Constance Le Grip, députée des hauts-de-seine; Vivette Lopez, sénatrice du Gard; Véronique Louwagie, député de l'Orne; Gilles Lurton, député d'Ille-et-Vilaine; Emmanuel Maquet, député de la Somme; Sébastien Meurant, sénateur du Val-d'Oise; Maxime Minot, député de l'Oise; Patricia Morhet-Richaud, sénatrice des Hautes-Alpes; Christophe Naegelen, député des Vosges; Olivier Paccaud, sénateur de l'Oise; Bernard Perrut, député du Rhône; Berengère Poletti, député des Ardennes; Benoit Potterie, député du Pas-de-Calais; Sophie Primas, Sénatrice des Yvelines; Didier Quentin, député de charente maritime; Damien Regnard, Sénateur des français de l'étranger; Jean-Luc Reitzer, député du Haut-Rhin; Maina Sage, député de la Polynésie française; Raphaël Schellenberger, député du Haut Rhin; Eric Straumann, député du Haut-Rhin; Jean-Charles Taugourdeau, député du Maine-et-Loire; Guy Teissier, député des Bouches-du-Rhône; Laurence Trastour-Isnart, députée du Alpes-Maritimes; Isabelle Valentin, député de Haute-Loire; Pierre Vatin, député de l'Oise; Arnaud Viala, député de l'Aveyron; Michel Vialay, député des Yvelines; Stéphane Viry, député des Vosges.

Notre revue GEEA : Un autre regard sur l'industrie

Petit déjeuner autour de Maurice Levy, Président du Conseil de surveillance de Publicis

EN PRÉSENCE D'OLIVIER DASSAULT, JEAN-MICHEL FOURGOUS, JEAN-CLAUDE BOUCHET, BERNARD BROCHAND, PIERRE CORDIER, TYPHAINE DEGOIS, VIRGINIE DUBY-MULLER, JEAN-JACQUES FERRARA, FABIEN DI FILIPPO, MEYER HABIB, CLAUDE DE GANAY, LAURENT GARCIA, SÉBASTIEN HUYGHE, BRIGITTE KUSTER, CHARLES DE LA VERPILLÈRE, CONSTANCE LE GRIP, JEAN-PAUL MATTEI, ERIC PAUGET, FRÉDÉRIC REISS, RAPHAEL SCHELLENBERGER, PIERRE VATIN, STÉPHANE VIRY

EN PRÉSENCE D'OLIVIER DASSAULT, JEAN-MICHEL FOURGOUS, JEAN-CLAUDE BOUCHET, BERNARD BROCHAND, PIERRE CORDIER, TYPHAINE DEGOIS, VIRGINIE DUBY-MULLER, JEAN-JACQUES FERRARA, FABIEN DI FILIPPO, MEYER HABIB, CLAUDE DE GANAY, LAURENT GARCIA, SÉBASTIEN HUYGHE, BRIGITTE KUSTER, CHARLES DE LA VERPILLÈRE, CONSTANCE LE GRIP, JEAN-PAUL MATTEI, ERIC PAUGET, FRÉDÉRIC REISS, RAPHAEL SCHELLENBERGER, PIERRE VATIN, STÉPHANE VIRY

sur le thème :

"Entreprises et Médias font-ils bon ménage?"

Revue GEEA : Top départ pour la France !

La dernière revue est en ligne !

GEEA vient de publier son livre blanc !

Lu dans les Echos : La loi El Khomri, symbole de tous les renoncements

Lu dans les Echos : La loi El Khomri, symbole de tous les renoncements

90 parlementaires, membres de GEEA ont publié cette tribune dans les Echos pour dénoncer le projet de loi El Khomri.

Réunion de travail autour de Serge Dassault

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Rencontre à l'Assemblée nationale avec Serge Dassault, Sénateur de l'Essonne et Secretaire national à la participation les Républicains sur le thème :

"Libérer le travail, le capital et l’innovation : quelles mesures chocs pour y parvenir ?" dans le cadre de la nouvelle édition du livre blanc GEEA avec de nouvelles propositions économiques.

Nous étions en présence de Jean-Michel Fourgous, délégué général de GEEA et d'une délégation de parlementaires Sophie Dion, Jean-François Mancel, Jean-Charles Taugourdeau, Marcel Bonnot, Marc Le Fur, Hervé Mariton, Claudine Schmid, Guy Teissier, Guillaume Chevrollier, Christian Jacob, Jean-Pierre Costes, Eric Ciotti, Jean-Michel Couve, Yves Censi, Meyer Habib, Claude de Ganay, Thierry Mariani, Michel Voisin.

Petit déjeuner autour de Mohed Altrad, entrepreneur mondial 2015

Il est né dans le désert syrien et s’il avait écouté son entourage, il aurait gardé les chèvres, comme chaque bédouin de sa tribu. Ses efforts, sa détermination, lui ont permis de vaincre les à priori, d’avancer et de construire en 30 ans un groupe qui compte 17 000 salariés pour un chiffre d’affaires de 2 milliards d’euros.

Elu en juin 2015 entrepreneur mondial de l’année, Mohed Altrad, le champion des échafaudages et des bétonnières dédie sa victoire à la France, le pays qui lui a donné toutes les chances pour réussir.

Lors du petit-déjeuner, Mohed Altrad nous a délivré un beau message d’espoir « Je fais le maximum pour que mon histoire soit connue, pour montrer qu’il n’y a rien d’impossible en termes de création économique dans notre pays. On peut faire beaucoup en partant de rien. » et ajoute « Lorsque j’interviens dans des lycées ou collèges des quartiers défavorisés, où l’immigration est importante, le discours de ces jeunes est dur. Ils disent que la France est raciste, xénophobe, que la France ne fait rien pour eux. J’essaie de leur expliquer que c’est tout le contraire en leur présentant mon parcours. Je leur explique que lorsqu’on est Français, d’origine étrangère en France, on doit trouver sa place dans la société. Je suis Français tout en étant d’ailleurs et je n’oublie pas mes racines et ma culture ; Etre Français, ça impose des droits mais aussi des devoirs. »

Visite de l'entreprise ECM Velizy-Villacoublay

En présence d'Olivier Dassault, David Douillet, Jean-Michel Fourgous, Meyer Habib et Fernand Siré

En présence d'Olivier Dassault, David Douillet, Jean-Michel Fourgous, Meyer Habib et Fernand Siré

GEEA s’est rendu à la rencontre des ingénieurs de l’entreprise ECM, située à Vélizy-Villacoublay, dans les Yvelines. Son travail consiste à élaborer des plans de haute volée pour des pièces destinées à l’aéronautique, l’automobile et le ferroviaire.

L’idée de cette matinée de travail était de mesurer les besoins, les doléances des entreprises à la pointe de l’innovation qui vise l’excellence et la qualité des produits pour se développer sur de nouveaux marchés.

A l’occasion de cette visite d’entreprise, Olivier Dassault a déclaré qu’il ne souhaitait plus que la France soit la remorque de l’Europe. « Ce n’est pas sa place. Le moteur, c’est l’innovation, la flexibilité et la confiance des entreprises dans l’avenir. C’est ce que nous réclamons au sein de GEEA. Notre présence en tant que député est de montrer aux entreprises innovantes que le monde politique est bien à leur écoute. »

Tribune dans Le Figaro : Pour vaincre le chômage des jeunes, misons sur l'entreprise !

La compétitivité de l’économie française passe aussi par l’attractivité de la place financière de Paris par Meyer Habib

Meyer HABIB est député de la 8ème circonscription des Français de l’étranger (Israël, Italie, Vatican, Saint-Marin, Grèce, Malte, Chypre, Turquie) et Vice-président du CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France). Il était directeur général adjoint de la marque Citizen, et dirige le Groupe Vendôme, actif dans le domaine du luxe.

Face à la crise, le changement de pied du président de la République est-il une bonne nouvelle ?

La France traverse une crise d’une magnitude effrayante. Et malheureusement, le Gouvernement a mis trop longtemps pour en prendre la mesure. Durant 18 mois, il a pris quelques bonnes mais timides mesures, comme le CICE. Mais, laissant l’idéologie l’emporter sur le bon sens et sur le pragmatisme, le Gouvernement n’a pas su réduire les déficits ni baisser les dépenses de l’Etat. Il n’a pas voulu mettre en place une fiscalité efficace. L’augmentation des impôts a touché de plein fouet les classes moyennes ainsi que les entreprises, grandes et petites. Ainsi, les entreprises ont vu les impôts augmenter de près de 20 milliards d’euros pour 2013. L’impôt étouffe l’économie française.

Les dernières déclarations du président de la République tranchent cependant avec les positions habituelles d’une gauche qui peine à rentrer dans le 21ème siècle. Au pacte de responsabilité, on est tenté de répondre : Chiche !

La France a besoin de réformes ambitieuses, et il faut espérer que le pouvoir en place ait le courage d’apporter des vraies solutions. Si le Gouvernement prend des mesures à la hauteur des enjeux, il faudra l’accompagner. La France ne peut pas se permettre d’attendre. 

Concrètement, que doit-on faire pour relancer la compétitivité de l’économie française ?

D’abord, il faut reconnaître un changement structurel dans le débat politique français. Le mot compétitivité était jusqu’ici considéré comme un « gros mot » dans la bouche des socialistes. Aujourd’hui, tout le monde ne jure plus que par ce concept. Il faut saluer cette évolution. Certes, elle ne se traduit pas encore suffisamment dans les politiques mises en œuvre, mais il ne faut pas sous-estimer cette transformation sémantique.

Le rapport Gallois, commandé par le Gouvernement, est une excellente feuille de route. Dommage qu’il ait été si vite mis au placard !

Dans un rapport au ministre de l’Economie, l’association représentant la place financière de Paris, Paris Europlace, propose aussi des pistes intéressantes permettant de dynamiser notre économie en favorisant l’accès des PME et des grandes entreprises à un financement durable.

La finance est souvent décriée par les politiques. Or vous n’avez pas peur de dire qu’elle doit être au cœur de la compétitivité de notre économie. Pourquoi ?

Il faut aller au-delà des concepts simplificateurs qui opposent les gentils entrepreneurs et les méchants financiers. Parler de la finance comme d’un « ennemi sans visage » qui avance à « visage couvert », c’est n’avoir rien compris aux enjeux d’un écosystème économique efficace.

Sans oublier les excès aux conséquences dramatiques de la fin des années 2000, considérer la finance comme un ennemi est une faute. C’est voir le monde à travers un prisme idéologique. Or le vrai combat pour la France, ce n’est pas de disserter sur des concepts éloignés de la réalité, mais c’est de mettre les mains dans le cambouis pour créer un écosystème économique permettant aux entrepreneurs, aux PME, aux grandes entreprises, de financer leurs projets, de se développer, et de créer de l’emploi.

Quand GDF Suez veut construire un barrage au Brésil, il a besoin de mobiliser des capitaux. Il faut donc que nos banques françaises soient en mesure de l’accompagner. Quand le jeune Laurent Decaux lance sa chaine de magasins de vins Nysa à la sortie de Sciences Po, quand les jeunes Augustin Paluel-Marmont et Michel de Roviralancent leur marque Michel & Augustin à la sortie de l’ESCP, ils ont besoin de financement pour lancer ces aventures ! Dix ans plus tard, ils ont des besoins de produits financiers différents pour accompagner une nouvelle étape de leur croissance. Demain, peut-être, ils auront besoin de financement pour faire une acquisition…Peut-être qu’ils auront besoin de trouver des acheteurs, capables de mobiliser des capitaux pour leur racheter leur entreprise. La finance occupe donc un rôle clé auprès des entreprises à chaque étape.Pour qu’elles puissent se développer et créer de l’emploi, il est essentiel que ces entreprises de toutes tailles évoluent dans un écosystème compétitif avec un secteur financier dynamique.

Comment financer nos entreprises de façon compétitive par l’intermédiation et par les marchés? Comment mobiliser des capitaux pour accompagner l’économie du futur (les hautes technologies et les services) ? Comment drainer l’épargne longue vers le financement des entrepreneurs plutôt que vers l’immobilier ? Et comment réguler la finance de façon intelligente, souple et efficace, de façon à éviter les excès de la fin des années 2000 sans pour autant étouffer la croissance ? La France doit trouver des réponses concrètes et efficaces à ces questions.

Quelles mesures concrètes proposez-vous pour améliorer la compétitivité de la Place financière de Paris?

Il faut renforcer la compétitivité et la stabilité du cadre réglementaire et fiscal. Cela passe notamment par une fiscalité plus attractive. En faisant passer le taux d’imposition du résultat comptable avant impôt de 38% en 2010 à 63% en 2012, nous plombons nos banques françaises… Il faut aussi renoncer au projet de taxe européenne sur les transactions financières tel qu’il est proposé.Les premiers touchés de cette fausse bonne idée seront évidemment les entreprises, dont l’accès aux produits de financement de leurs projets industriels sera restreint. Le ministre de l’économie Pierre Moscovici semble avoir compris cela.

Il faut aussi développer l’épargne financière longue en faisant la promotion d’une fiscalité incitative. Je préfère que l’épargne des français soit utilisée pour financer les projets des Laurent Decaux, Michel & Augustin et autres entrepreneurs courageux, plutôt qu’elle ne dorme sur des comptes moins utiles pour l’économie française.