Martial Saddier

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Redonnons un nouveau souffle à notre industrie par Martial Saddier

Martial SADDIER, Député de la Haute-Savoie et Secrétaire national de l’UMP en charge de l’industrie et des PME s’inquiète de la situation économique alarmante des entreprises de notre pays. Face à ce constat, il formule, avec l’UMP, des propositions concrètes pour relancer l’industrie de la France. 

Vous avez été nommé, en décembre dernier, secrétaire national de l’UMP en charge de l’industrie et des PME. Que représente pour vous cette nomination ?

 

Dès l’annonce de ma nomination, je me suis réjoui de me voir confier un tel poste clé au sein de l’UMP sur une thématique sur laquelle je me suis particulièrement investi et impliqué depuis plus de 13 ans.

 

Ma circonscription est, en effet, située au cœur de la Vallée de l’Arve, berceau du décolletage, haut lieu de la mécanique française et de la mécatronique. Fort de 2 301 établissements et employant 45 878 salariés, le tissu industriel haut-savoyard est particulièrement dynamique et diversifié notamment dans le domaine de la sous-traitance ; de la mécanique de précision ; de l’électroménager ; de l’électronique ; de la téléphonie…20% du PIB haut-savoyard est réalisé par l’industrie contre 15% en France.

 

Avec de très nombreuses entreprises leaders tournées pour certaines vers l’international, j’ai donc été immédiatement sensibilisé aux problématiques rencontrées par les industriels mais aussi les petites entreprises.

 

C’est pourquoi, dès 2008, j’ai créé au sein de l’Assemblée nationale, le Groupe d’études Industries Mécaniques, que je préside également depuis cette date, afin de permettre à la représentation nationale d’être parfaitement informée quant aux attentes et aux difficultés rencontrées par les acteurs de ce secteur, les sous-traitants et l’industrie automobile.

 

En parallèle, sensible à ces questions, j’ai toujours à cœur, durant les travaux parlementaires, de défendre notre industrie française et de soutenir les PME françaises, créatrices de richesse et d’emploi, sources d’innovation et de productivité. J’ai ainsi obtenu d’importantes avancées en matière de délais de paiement, de valorisation des PME-PMI dans les pôles de compétitivité, de plafonnement de la taxe professionnelle puis de la contribution économique territoriale, ….

 

Ma nomination en tant que secrétaire national de l’UMP en charge de l’industrie et des PME est donc un réel tremplin pour poursuivre le travail que j’ai déjà engagé en faveur des entreprises et être une réelle force de propositions, afin de relancer notre tissu industriel et d’accompagner les entreprises vers une modernisation nécessaire de leur outil de production.

 

Comment jugez-vous la situation actuelle de l’industrie et des entreprises en France ?

 

L’industrie occupe une place déterminante dans notre économie. Représentant près de 15% du PIB, ce secteur est un véritable vivier d’emplois avec plus de 3 millions de salariés, soit 13% de la population active, et environ 350 000 nouveaux emplois créés par an.

 

Mais, depuis la fin des années 1970, elle connait un net recul aggravé par la crise financière de 2009, plus grave crise économique depuis 1945, qui a accéléré le déclin de certaines productions (automobile, raffinage, textile, papier,…).

 

Dans de nombreux territoires, notre majorité avait, dès les premiers signes de la crise, mis en place des outils novateurs tels qu’un médiateur du crédit au niveau départemental ; un report ou un étalement des échéances fiscales, des aides pour la formation des salariés ; la mise en place d’un comité stratégique pour l’avenir de l’automobile ou encore des dispositifs de soutien à l’innovation.

 

Grâce à ces mesures, notre industrie avait commencé doucement à sortir la tête de l’eau et à se relever. Or, depuis maintenant trois années, les réformes engagées par le Gouvernement n’ont eu de cesse de plonger encore davantage nos entreprises dans des situations catastrophiques.  En supprimant les heures supplémentaires défiscalisées et en instaurant le CICE qui a suscité une incompréhension totale du monde de l’entreprise tout en menant une politique de matraquage fiscal sans précédent à l’encontre des entreprises, le Gouvernement a durablement paralysé notre économique et plombé la compétitivité de nos PME.

 

Permettez-moi de vous citer quelques chiffres pour illustrer mon propos. Depuis trois ans, notre croissance économique est presque nulle oscillant entre 0,3% en 2012 et 2013 et 0,14% en 2014. Les prévisions du FMI sont d’ailleurs peu encourageantes estimant qu’elle sera inférieure de près de 0,5 point chaque année jusqu’en 2017. A cela s’ajoutent un niveau très élevé de défaillances d’entreprises qui est supérieur à 60 000 par an deux années de suite, une première dans notre pays, ainsi que la perte de la 5ème place de la France au sein des puissances économiques mondiales. Sans compter l’augmentation de 20% de demandeurs d’emplois depuis 2012. Vous l’aurez compris, la situation économique de notre pays est tout simplement catastrophique et nos entreprises sont au bord de l’asphyxie.

 

Quelles propositions formule l’UMP pour relancer durablement l’industrie et les PME ?

 

Face à ces constats, nous devons proposer des réformes ambitieuses, afin de parvenir rapidement au redressement économique de notre pays. Nous devons aller à l’écoute des entreprises et nous attaquer à leurs véritables problèmes.

 

Pour redonner un nouveau souffle à nos industries et à nos PME, nous devrons redonner une place centrale à l’entreprise, quelle que soit sa taille et ses dimensions, dans toutes les décisions économiques. Nous devrons également, et c’est une réelle nécessité, remettre en place les heures supplémentaires défiscalisées, qui avait permis un réel de pouvoir d’achat pour les salariés.

 

L’instauration des 35 heures a eu une incidence directe sur la compétitivité de nos entreprises face à leurs concurrents européens. C’est pourquoi, nous proposons que la durée du travail et le seuil de déclenchement des heures supplémentaires ne soient pas définis par la loi mais soient négociés entreprise par entreprise. 

 

Alors que nos entreprises sont à bout face à la hausse constante des impôts, nous souhaitons une fiscalité stable et compétitive qui passe, par exemple, par la non-rétroactivité des nouvelles règles et une certaine stabilité sur 5 ans, afin de rassurer ceux qui souhaitent investir et créer sur notre territoire.

 

Autres propositions dont nous sommes convaincus qu’elles relanceront la compétitivité et le dynamisme de nos entreprises : la baisse des charges patronales, très attendue, ainsi que la révision des effets de seuils, ces derniers étant un frein au développement des entreprises et des TPE et PME.

 

En parallèle, nous devrons mener un important travail de fond en matière de simplification du code du travail. Tout en maintenant les droits fondamentaux des salariés au sein de ce code, nous proposons de renvoyer le reste à la négociation d’entreprise. L’instauration d’une règle d’or de la simplification administrative est également indispensable. Les chefs d’entreprise de nos TPE et PME passent 20% de leur temps à gérer des questions administratives. Cette simplification pourrait se matérialiser par la suppression de deux normes dès lors qu’une nouvelle norme est créée mais aussi en transposant la norme européenne la moins contraignante.

 

Enfin, nous devrons accompagner l’évolution de la modernisation de l’outil de production de nos TPE et PME en encourageant le déploiement du plan Usine du Futur. Cette 4ème révolution industrielle place l’interconnexion au cœur de notre industrie.  

 

Sans ces profondes réformes structurelles et de fond, nous ne parviendrons malheureusement pas à relancer notre économie aujourd’hui à l’arrêt ni redonner un souffle à nos industries et nos PME.

 

La question écrite de GEEA sur le relèvement des seuils sociaux et fiscaux

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Afin de concrétiser la proposition n°11 du livre blanc, GEEA a proposé à ses parlementaires membres de dépose une question écrite auprès du ministre du travail. L'objectif : relever les seuils sociaux et fiscaux de 10 à 20 et de 50 à 100 salariés. 

"Les comparaisons internationales de démographie d'entreprises montrent, qu'en France, l'augmentation des effectifs d'une entreprise et donc le franchissement de certains seuils, accroît très significativement le coût social pour l'employeur tout en y additionnant de nouvelles réglementations. En France, 7 ans après sa création, une entreprise emploie en moyenne 20 salariés, contre 80 en Grande-Bretagne. L'effectif moyen de toutes les entreprises françaises à leur création est de 2,7 personnes contre 6,6 aux États-unis ou encore 4,5 en Allemagne. Véritable frein psychologique à l'embauche, ces seuils sont perçus par l'employeur comme un facteur de complexification administrative et de hausse des cotisations. À titre d'exemple, le franchissement de la barre des 50 salariés a pour conséquence l'application de 34 législations et réglementations supplémentaires pour un coût représentant 4 % de la masse salariale. Il souhaite savoir si le Gouvernement prendra en compte la proposition de Génération entreprise-entrepreneurs associés, composée 120 de parlementaires, demandant le relèvement des seuils sociaux de 10 à 20 et de 50 à 100 salariés. Une telle mesure atténuera la « peur d'embaucher ». Son impact sur l'emploi serait important : 22 500 entreprises embaucheraient des salariés supplémentaires sans ces seuils sociaux. En 2012, l'INSEE et l'IFRAP évaluaient la perte d'emplois générés par les seuils sociaux entre 70 000 et 140 000 emplois."