Laure de la Raudière

Notre revue GEEA : Entreprises : les bons tuyaux pour l'innovation et l'emploi

Petit-déjeuner autour de Jean-Dominique Senard, PDG de Michelin

En présence d’Olivier Dassault, Jean-Michel Fourgous, Valérie Beauvais, Bernard Brochand, Valérie Boyer, Pierre Cordier, Rémi Delatte, Vincent Descoeur, Marianne Dubois, Laurent Garcia, Yannick Haury, Michel Herbillon, Alain Houpert, Jean-Luc Lagleize, François-Michel Lambert, Laure de La Raudière, Charles de La Verpillère, Véronique Louwagie, Gilles Lurton, Sylvain Maillard, Pierre Morel-à-L’Huissier, Jean-François Rapin, Frédéric Reiss, Vincent Rolland, Eric Straumann, Laurence Trastour-Isnart, Pierre Vatin et Stéphane Viry.

En présence d’Olivier Dassault, Jean-Michel Fourgous, Valérie Beauvais, Bernard Brochand, Valérie Boyer, Pierre Cordier, Rémi Delatte, Vincent Descoeur, Marianne Dubois, Laurent Garcia, Yannick Haury, Michel Herbillon, Alain Houpert, Jean-Luc Lagleize, François-Michel Lambert, Laure de La Raudière, Charles de La Verpillère, Véronique Louwagie, Gilles Lurton, Sylvain Maillard, Pierre Morel-à-L’Huissier, Jean-François Rapin, Frédéric Reiss, Vincent Rolland, Eric Straumann, Laurence Trastour-Isnart, Pierre Vatin et Stéphane Viry.

sur le thème :

« RÉCONCILIER ENTREPRISE ET SOCIÉTÉ : CELA PEUT-IL ROULER ? »

Notre revue GEEA : Accélérons la croissance !

Le Figaro : «Loi Pacte : il faut aller plus loin pour libérer notre croissance !»

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Les membres de «Génération entreprise-Entrepreneurs associés» soutiennent les mesures de la loi Pacte mais demandent davantage d'audace. - Crédits photo : ERIC FEFERBERG/AFP

Alors que le gouvernement d'Édouard Philippe avait tablé sur une croissance de 2 % en 2018, celle-ci connaît en réalité un vrai coup d'arrêt. En stagnant à 0,2 % du PIB au deuxième trimestre, elle devrait ainsi davantage avoisiner les 1,7 % cette année, avec des conséquences en cascade sur notre niveau de chômage ou la situation de nos finances publiques.

Avec un taux de chômage de 9,2 %, la France reste ainsi en queue de peloton de la zone euro, mais elle apparaît surtout comme le membre de l'Union européenne dont le chômage décroît le plus lentement depuis le début de la reprise. Quant à notre dette, cette dernière continue inexorablement de grimper pour s'élever aujourd'hui à 97,6 % du PIB, un niveau sans précédent dans notre histoire.

Mais alors, après la magnifique victoire de la France au Mondial de football, que faire pour que notre pays devienne, aussi, le champion du monde de l'économie et de l'emploi?

Le plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises, dit loi Pacte, offre une opportunité historique pour déverrouiller les principaux freins à la croissance de nos entreprises, libérer leur capacité d'emploi et débrider, enfin, leur formidable potentiel d'innovation.

» LIRE AUSSI - Ce qui va changer pour les salariés et les entreprises avec la loi Pacte

L'installation d'un guichet unique pour la création d'entreprise, la rationalisation des procédures de redressement judiciaire ou encore la libération de l'intéressement et de la participation, conformément à l'objectif du général de Gaulle de mettre fin aux affrontements stériles entre capital et travail, vont notamment dans la bonne direction. Certaines de ces propositions étaient d'ailleurs présentes dans le livre blanc de «Génération entreprise- Entrepreneurs associés», remis au ministre de l'Économie et des Finances, par les 140 parlementaires membres de cette association d'intérêt général, en janvier de cette année.

Profiter d'une conjoncture économique favorable

C'est pourquoi, si nous soutenons les mesures qui visent à lever les obstacles du développement de nos entreprises, de leur création à leur transmission, en passant par leur financement, nous appelons également de nos vœux que certaines d'entre elles soient beaucoup plus ambitieuses. Comme le préconise le FMI, c'est en effet maintenant qu'il faut «réparer la toiture tant que le soleil brille» en profitant de cette conjoncture économique favorable pour mener des réformes courageuses.

C'est notamment le cas de la simplification des seuils sociaux, ces véritables freins à l'embauche qui conduisent notre pays à cette situation unique au monde: deux fois plus d'entreprises de 49 que de 50 salariés!

Certes, la mise en place d'un délai de cinq ans pour répondre aux obligations et l'harmonisation du mode de calcul des effectifs faciliteront la vie des entrepreneurs. Mais pourquoi ne pas aller plus loin en repoussant toutes les obligations du seuil de 50 salariés, même celles du Code du travail, à au moins 100 salariés? L'enjeu est de taille car si notre pays détient l'un des records du monde en termes de créations d'entreprises, avec 591 000 créations en 2017, ces dernières ne grandissent que trop lentement, avec seulement 5 800 entreprises de taille intermédiaire, contre plus de 12 500 en Allemagne!

Concernant le financement de nos entreprises, il faudrait également plus d'ambition tant le léger renforcement prévu du PEA-PME et des fonds Euro-croissance, deux instruments financiers mis en place sous le précédent quinquennat et qui n'ont jamais rencontré le succès escompté, semble insuffisant face à l'urgence de la situation.

Dès lors, pourquoi ne pas déplafonner le dispositif Madelin, le PEA-PME et le financement participatif? Une telle mesure permettrait de combler la fin de l'ISF-PME et de faire émerger de solides «business angels» pour transformer notre épargne stérile en une épargne fertile, au service de l'emploi des Français. Il s'agit en effet de s'attaquer au sujet crucial du renforcement de l'investissement direct des Français vers nos TPE, nos start-up et nos PME en augmentant considérablement l'incitation fiscale en proportion des risques pris, à l'image de l'exemple britannique avec une incitation forte à investir, jusqu'à 1 million de livres, déductible à 30 % de l'impôt sur le revenu.

Alors oui, ne manquons pas d'audace pour réconcilier les Français avec l'économie et leur donner envie de s'impliquer dans la vie de nos entreprises. C'est une exigence si nous voulons libérer les talents, les énergies, les volontés, pour devenir la «Silicon Valley» de l'Europe à horizon de dix ans et redonner à notre pays l'optimisme qu'il n'aurait jamais dû perdre.

Olivier Dassault, député de l'Oise et président de Génération entreprise- Entrepreneurs associés (GEEA), est par ailleurs administrateur de Dassault Médias, société propriétaire du Figaro. Jean-Michel Fourgous, président de l'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, est délégué général de GEEA. La liste complète des 74 parlementaires cosignataires - parmi lesquels Valérie Bazin-Malgras, députée de l'Aube et vice-présidente de l'Assemblée, Michel Herbillon, député du Val-de-Marne et vice-président de l'Assemblée, Annie Genevard, députée du Doubs et vice-présidente de l'Assemblée - peut être consultée sur FigaroVox.

La liste des signataires:

Olivier Dassault, député de l'Oise; Jean-Michel Fourgous, Président Saint-Quentin-en-Yvelines; Valérie Bazin-Malgras, députée de l'Aube et Vice-Présidente; Michel Herbillon, député du Val de Marne et Vice Président; Annie Genevard, député du Doubs et Vice-Présidente de l'AN; Marc Le Fur, député des Côtes-d'Armor; Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes; Daniel Fasquelle, député du Pas-de-Calais; Laure de La Raudière, députée d'Eure-et-Loir; Damien Abad, député de l'Ain; Sophie Auconie, députée d'Indre-et-Loire; Thibault Bazin, député de Meurthe-et-Moselle; Olivier Becht, député du Haut-Rhin; Martine Berthet, sénatrice de la Savoie; Jerome Bignon, sénateur de la Somme; Jean-Yves Bony, député du Cantal; Ian Boucard, député du territoire de Belfort; Céline Boulay-Esperonnier, sénatrice de Paris; Valérie Boyer, députée des Bouches-du-Rhône; Bernard Brochand, député des Alpes-Maritimes; Fabrice Brun, député de l'Ardèche; Olivier Cadic, Sénateur des français de l'étranger; Jacques Cattin, député du Haut-Rhin; Gérard Cherpion, député des Vosges; Guillaume Chevrollier, Sénateur de la Mayenne; Paul Christophe, député du Nord; Dino Cinieri, député de la Loire; Pierre Cuypers, sénateur de la Seine-et-Marne; Typhanie Degois, députée de Savoie; Remi Delatte, député de Côte-d'Or; Stéphane Demilly, député la Somme; Julien Dive, député de l'Aisne; Philippe Dominati, sénateur de Paris; Marianne Dubois, députée Du Loiret; Pierre-Henri Dumont, député duPas-de-Calais; Jean-Jacques Ferrara, député de Corse du Sud; Nicolas Forissier, Ancien ministre, député de l'Indre; Claude de Ganay, député du Loiret; Laurent Garcia, député de Meurthe-et-Moselle; Meyer Habib, député des Français de l'étranger; Philippe Gosselin, député de la Manche; Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin; Alain Houpert, sénateur de la Côte-d'Or; Brigitte Kuster, députée de Paris; Elisabeth Lamure, Sénatrice du Rhône; David Lorion, député de la Réunion; Sébastien Leclerc, député du Calvados; Ronan Le Gleut, Sénateur des français de l'étranger; Constance Le Grip, députée des hauts-de-seine; Vivette Lopez, sénatrice du Gard; Véronique Louwagie, député de l'Orne; Gilles Lurton, député d'Ille-et-Vilaine; Emmanuel Maquet, député de la Somme; Sébastien Meurant, sénateur du Val-d'Oise; Maxime Minot, député de l'Oise; Patricia Morhet-Richaud, sénatrice des Hautes-Alpes; Christophe Naegelen, député des Vosges; Olivier Paccaud, sénateur de l'Oise; Bernard Perrut, député du Rhône; Berengère Poletti, député des Ardennes; Benoit Potterie, député du Pas-de-Calais; Sophie Primas, Sénatrice des Yvelines; Didier Quentin, député de charente maritime; Damien Regnard, Sénateur des français de l'étranger; Jean-Luc Reitzer, député du Haut-Rhin; Maina Sage, député de la Polynésie française; Raphaël Schellenberger, député du Haut Rhin; Eric Straumann, député du Haut-Rhin; Jean-Charles Taugourdeau, député du Maine-et-Loire; Guy Teissier, député des Bouches-du-Rhône; Laurence Trastour-Isnart, députée du Alpes-Maritimes; Isabelle Valentin, député de Haute-Loire; Pierre Vatin, député de l'Oise; Arnaud Viala, député de l'Aveyron; Michel Vialay, député des Yvelines; Stéphane Viry, député des Vosges.

Notre revue GEEA : Un autre regard sur l'industrie

Revue GEEA : Top départ pour la France !

La dernière revue est en ligne !

GEEA vient de publier son livre blanc !

Lu dans les Echos : La loi El Khomri, symbole de tous les renoncements

Lu dans les Echos : La loi El Khomri, symbole de tous les renoncements

90 parlementaires, membres de GEEA ont publié cette tribune dans les Echos pour dénoncer le projet de loi El Khomri.

Tribune dans le Figaro : Révolution numérique n'ayons pas peur !

Pour l’avenir de nos entreprises, formons au numérique ! par Laure de la Raudière

Co-rapporteur de la mission : « Développement de l’économie numérique», publiée en 2013, Laure de la Raudière, député d’Eure et Loir, a récemment déposé une proposition de loi visant à imposer la maîtrise de la langue française, la lecture, écrire, savoir compter et coder comme objectifs fondamentaux d’apprentissage à l’école primaire.

Le Président de l’Assemblée nationale lui a confié la présidence de la mission d’information sur la simplification législative.

 

 

L’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen énonce : « la libre communication des pensées et des opinions ». Quel support aujourd’hui respecte mieux ces principes qu’Internet ?

Pour la première fois de notre histoire, une « technologie » s’est diffusée en moins de vingt ans sur l’ensemble de la planète. Deux milliards d’individus sont désormais reliés par Internet. La révolution numérique bouleverse nos modes de vie, nos relations, notre culture, notre éducation, notre économie, nos institutions, le fonctionnement même de notre société, et ce, brutalement, en profondeur et de façon durable.

Nous vivons une époque totalement inédite où chaque citoyen connecté peut rentrer en contact avec le monde entier soit pour exprimer ses idées, soit pour entreprendre une activité économique. Internet devient donc le support de droits fondamentaux essentiels : la liberté de s’exprimer et la liberté d’entreprendre ! Le numérique réinvente la société.

Cette double révolution de démocratisation du savoir et de mutation industrielle profonde a, et aura, au moins autant d’impacts de transformation de la société que l’invention de l’imprimerie par Gutenberg en son temps ou la révolution industrielle du 19ème et 20ème siècle, quand la machine a remplacé l’homme pour les taches nécessitant de déployer une énergie croissante.

Pour autant, les changements si profonds et rapides liés au numérique n’ont pas encore eu d’impacts majeurs sur le fonctionnement de nos institutions politiques, démocratiques et sociales : nos organisations sont restées au XXème siècle, avec une certaine réticente à passer pleinement au XXIème siècle…

Et c’est le cas notamment dans le domaine de l’éducation nationale.

Pourquoi cette réticence ? Est-ce par méconnaissance des enjeux du numérique ?

Certainement, mais pas uniquement. Cette troisième révolution industrielle est celle de l’innovation. Or la France, pays des lumières, pays qui fut audacieux au XIXème siècle en inventions industrielles est devenu timorée face à la nouveauté. Nous mettons systématiquement les peurs et les risques en avant plutôt que vouloir expérimenter de nouvelles organisations plus ouvertes, plus horizontales, plus collaboratives !

Autant les usages du numérique se diffusent rapidement dans la société, car nos concitoyens voient immédiatement les bénéfices apportés par ces nouveaux services ; autant la compréhension des enjeux de transformation brutale de notre économie et de notre société reste le fait d’un faible nombre, souvent directement impliqué dans le développement du numérique. Il est primordial de mieux et plus diffuser la culture du numérique et le « changement de monde » qu’elle entraîne.

Plusieurs canaux essentiels à la diffusion d’une culture numérique doivent être mobilisés : et l’école en fait partie.

La formation de tous aux usages du numérique est la clef de voute de l’accompagnement de la transformation de la société et de l’économie.

Internet n’est ni « bien », ni « mal ». Internet est un outil, qu’il faut savoir utiliser pour en tirer tous les bénéfices en évitant les dangers. Plutôt que de vouloir censurer Internet, apprenons à nos enfants à se servir d’Internet, comme nous leur apprenons les gestes quotidiens de la vie. Montrons leur que les lois s’appliquent sur Internet comme ailleurs et que les règles de vie en société - notamment le respect des autres et des opinions - doivent y être aussi appliqué.

Quelle pédagogie ? Quel accompagnement des enseignants ? Quel suivi des expérimentations ? Comment affronter le vrai débat, qui est celui de la préparation de nos enfants à la société à l’ère du numérique où la transmission du savoir est devenu moins important que l’apprentissage à l’expérimentation, à la création, à la prise de risque, à assurer les échecs pour réussir ensuite.

Nous devons notamment enseigner le code informatique à nos enfants, en premier pour qu’ils comprennent comment les applications qu’ils utilisent, sont conçues, afin qu’ils n’en soient pas juste des consommateurs « béats », en second pour qu’ils puissent s’orienter vers des formations de développement informatique, afin que la France profite du relai de croissance et d’emploi que représente le numérique. L’éveil à la programmation est aussi un excellent exercice de logique, et un atout pour « se débrouiller » au quotidien dans une société de plus en plus complexe. Les enfants du XXIème siècle doivent savoir lire, écrire, compter et coder.

La formation au sein de l’école n’est pas suffisante. Il faut accélérer la création de cursus universitaires adaptés au besoin du marché de l’emploi. Aujourd’hui des écoles privés se sont développées que ce soit Sup’Internet, la Web_SchoolFactory ou l’école 42 à Paris, ou Simplon Village à La Loupe en Eure-et-Loir, pour répondre aux besoins des métiers du numérique. Leur méthode d’apprentissage et les relations école-entreprises sont innovantes, formant ainsi des jeunes parfaitement adaptés aux emplois du secteur. Pourquoi l’université ne reproduirait-elle pas tout simplement ces modèles ? Et rapidement…

Le numérique est aussi facteur d’équité et de progrès en matière d’éducation

Pourquoi ne pas favoriser des expérimentations de pédagogie inversée ?

On imagine facilement que demain, les devoirs à la maison soient uniquement l’apprentissage du cours par le biais d’une vidéo. Les parents savent bien qu’à partir d’un certain niveau, ils ne sont plus capables d’aider chez eux leurs enfants à faire correctement les exercices en mathématiques, en physique, en anglais, en français ou en histoire… Le temps passé à l’école, avec le professeur, serait consacré aux exercices, faits avec l’aide d’un logiciel permettant de plus facilement et mieux individualisé l’enseignement. Cette organisation serait certainement plus équitable pour les enfants en difficulté scolaire.

Oui, agir pour une France numérique nécessite de l’audace. Or, l’une des principales lacunes dont souffre notre pays est une certaine frilosité à l’égard de la disruption, de la prise de risque et de l’innovation radicale. Il s’agit donc avant tout d’un frein culturel, plutôt récent si l’on pense que la langue française a forgé le mot « entrepreneur » avant de l’exporter au monde entier !

 

 

Tribune dans Le Figaro : Pour vaincre le chômage des jeunes, misons sur l'entreprise !

La question écrite de GEEA sur le relèvement des seuils sociaux et fiscaux

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Afin de concrétiser la proposition n°11 du livre blanc, GEEA a proposé à ses parlementaires membres de dépose une question écrite auprès du ministre du travail. L'objectif : relever les seuils sociaux et fiscaux de 10 à 20 et de 50 à 100 salariés. 

"Les comparaisons internationales de démographie d'entreprises montrent, qu'en France, l'augmentation des effectifs d'une entreprise et donc le franchissement de certains seuils, accroît très significativement le coût social pour l'employeur tout en y additionnant de nouvelles réglementations. En France, 7 ans après sa création, une entreprise emploie en moyenne 20 salariés, contre 80 en Grande-Bretagne. L'effectif moyen de toutes les entreprises françaises à leur création est de 2,7 personnes contre 6,6 aux États-unis ou encore 4,5 en Allemagne. Véritable frein psychologique à l'embauche, ces seuils sont perçus par l'employeur comme un facteur de complexification administrative et de hausse des cotisations. À titre d'exemple, le franchissement de la barre des 50 salariés a pour conséquence l'application de 34 législations et réglementations supplémentaires pour un coût représentant 4 % de la masse salariale. Il souhaite savoir si le Gouvernement prendra en compte la proposition de Génération entreprise-entrepreneurs associés, composée 120 de parlementaires, demandant le relèvement des seuils sociaux de 10 à 20 et de 50 à 100 salariés. Une telle mesure atténuera la « peur d'embaucher ». Son impact sur l'emploi serait important : 22 500 entreprises embaucheraient des salariés supplémentaires sans ces seuils sociaux. En 2012, l'INSEE et l'IFRAP évaluaient la perte d'emplois générés par les seuils sociaux entre 70 000 et 140 000 emplois."

L'apprentissage, une aventure humaine, une voie d'excellence vers l'insertion professionnelle par Laure de la Raudière

Visite des ateliers d'Hermès et de Puyforcat avec GEEA - 3 avril 2013 

L’apprentissage est un sujet phare pour les élus car il touche beaucoup de sujets de société de premier plan : l ’emploi et l’éducation bien sûr, mais aussi la formation professionnelle et la fiscalité.

Deux conceptions socio-économiques, voire politiques, de l’apprentissage s’affrontent : d’un côté ceux qui considèrent qu’il est un outil de politique sociale pouvant amener les jeunes à l’emploi, une seconde (et moindre ?) voie pour les élèves qui ne réussissent pas dans un système éducatif classique. De l’autre, ceux qui y voient un outil alternatif et complémentaire de formation, ancré dans la réalité économique et formant des personnes qualifiées (comme c’est le cas en Allemagne)… Personnellement, je me situe très clairement du côté des seconds, considérant que l’apprentissage est une chance et qu’il répond parfaitement aux besoins opérationnels des entreprises.

Les préjugés sont tenaces et l’apprentissage ne parvient pas à séduire… Il n’est toujours pas présenté comme une orientation possible en fin de 3ème ou après la Terminale : seuls 600 000 jeunes y ont accès en France (5% de la classe d’âge) alors qu’en Allemagne ils sont 1,6 million d’apprentis (55% de la classe d’âge).

La majorité actuelle espère une croissance des effectifs en 2017 (+10%). Or, force est de constater que malgré les objectifs affichés, les mesures mises en place depuis un an, sont autant de mauvais signaux envoyés aux entreprises et aux jeunes. Selon les services statistiques du ministère du Travail, les signatures de contrats d'apprentissage au premier semestre 2013 chutent brutalement de 23 % par rapport à 2012…

Lorsqu’en mai 2013, le Sénat supprime la possibilité d’entrer en apprentissage à 14 ans, c’est évidemment un mauvais signal. Concrètement, les jeunes ayant réussi un parcours sans faute jusqu’en troisième (et nés un mois d’automne) ne pourront choisir la voie de l’apprentissage à la fin du collège. En langage décrypté, cela signifie que pour la gauche, l’apprentissage n’est réservé qu’aux élèves ayant déjà au moins une année de retard et se trouvant sans doute en échec scolaire !

Plus récemment, le 16 juillet, le Gouvernement envoie un nouveau message négatif en supprimant l’indemnité de formation versée aux employeurs d’apprentis. Face à la levée de boucliers qu’a suscitée cette annonce, le ministre délégué au Budget, Bernard Cazeneuve a effectué un rétropédalage pour garantir aux très petites entreprises, de moins de 10 salariés, qu’elles bénéficieraient d'un nouveau dispositif pour l'apprentissage. Lequel ? Tout le monde l’ignore ; mais nous avons là encore une fois la démonstration d’une méconnaissance totale du fonctionnement des entreprises, qui ont déjà recruté leurs apprentis pour début septembre et voient ainsi les règles changer brutalement.

Et que penser de ce rapport sénatorial[1] de mars 2013 dans lequel le rapporteur François Patriat préconise une réforme de l’attribution de la taxe d’apprentissage qui permettrait aux régions (toutes dirigées par la gauche sauf l’Alsace) de récupérer une manne de deux milliards d’euros !

L’apprentissage mérite mieux que cela ! Il est une chance formidable d’offrir aux jeunes Français la possibilité d’apprendre un métier, de trouver un emploi, de monter leur entreprise, de recruter. Et surtout, de promouvoir notre savoir-faire et notre culture à travers le monde.

Que ce soit dans l’artisanat ou dans d’autres secteurs d’activités, nos entreprises jouissent d’une excellente réputation et l’accès à l’emploi par le biais de l’apprentissage est un enjeu économique et culturel extrêmement important.
Une des questions centrales est l’avenir d’un modèle, sans doute trop centré sur les CFA. Afin de répondre aux besoins des entreprises, ne serait-il pas plus judicieux de leur permettre, sans qu’une tutelle étatique n’intervienne, de créer leur propre centre d’apprentissage, susceptible de répondre au mieux à leurs besoins et spécificités ?
Parallèlement, une réforme du financement de l’apprentissage s’impose. De nombreux acteurs sont impliqués : les entreprises bien sûr avec l’apport de la taxe d’apprentissage pour près de 2 milliards d’Euros en 2011, les aides de l’Etat pour 1,64 milliards d’euros en subventions et dépenses sociales et 1,8 milliards d’euros par les régions : soit environ 9000 euros par apprenti. Le fait de diluer cet argent entre différents opérateurs entraîne inévitablement des pertes. Aussi, assurer davantage de transparence dans le fléchage de l’attribution et de la redistribution de ces sommes est essentiel. Et prévoir plus de flexibilité en permettant aux entreprises de consacrer la majeure partie des taxes versées aux CFA de leur choix serait certainement plus productif.
Enfin, il est essentiel de renforcer la mobilité de nos apprentis à travers l’Europe. Développer ses compétences en s’enrichissant des expériences étrangères ne doit pas être le seul privilège des étudiants des filières dites classiques ou académiques. Des dispositions existent déjà pour faciliter l’accès à des stages à étranger durant 2 à 4 semaines pendant la période d’apprentissage, ou durant 6 mois à l’issue de la formation. Elles doivent impérativement être renforcées.
Mais n’oublions pas que l’apprentissage, c’est avant tout un compagnonnage, des rencontres et la formation à un métier de façon professionnelle. Lors d’une visite des ateliers Puyforcat avec un groupe de Génération Entreprises-Entrepreneurs associés, nous avons tous été touchés par le témoignage d’Eric Poupineau, dernier planeur de feuille d'argent de France. Après un CAP chaudronnerie, Eric a appris durant quinze années le métier de planeur avec son maître d’apprentissage au sein de l’entreprise Puyforcat. C’est à lui que revient la tâche de former les pièces d’orfèvrerie, en y donnant des milliers de coups de marteaux dont chaque son est pour lui un indice précieux de la qualité de son travail. Or, il est aujourd’hui seul au monde à savoir réaliser une telle tâche. Le jour où il disparaîtra, son savoir-faire risque de s’éteindre. Même si son travail est particulièrement éprouvant physiquement, c’est avec beaucoup d’enthousiasme qu’Eric nous a parlé de son métier. De sa joie lorsqu’il remettait à son propriétaire une commande sur laquelle il avait travaillé durant des mois, de son bonheur d’avoir pu reproduire à l’identique les pièces de maître-orfèvres dans une tradition séculaire. De chaudronnier, il est devenu artiste, à force de travail, de persévérance et d’accompagnement par ses pairs.
L’apprentissage est surtout une aventure humaine, une rencontre entre des femmes et des hommes réunis par un métier. Il est une voie d’excellence de l’insertion professionnelle. Souhaitons qu’il puisse trouver à nouveau dans notre société toutes ses lettres de noblesse : ce sera un atout pour notre jeunesse et pour notre pays !

 

Les parlementaires de GEEA reçus par Nicolas Sarkozy

Olivier Dassault, accompagné de quelques parlementaires, membres son association "Génération Entreprise Entrepreneurs Associés" (GEEA), a été reçu par Nicolas Sarkozy. L'avenir des entreprises françaises et les mesures de sortie de crise furent au menu des discussions avec l'ancien chef de l'Etat. Cette rencontre devrait permettre d'alimenter la réflexion de GEEA engagée dans la rédaction d'un livre blanc sur les entreprises d'ici la fin de l'année.

Tribune dans Valeurs Actuelles : Monsieur Hollande, ouvrez les yeux !

– Valeurs Actuelles – TRIBUNE, juillet 2013 –

Monsieur Hollande, ouvrez les yeux !

Alors que la France est en récession, le gouvernement n’a d’autre réponse que d’augmenter les prélèvements sur les entreprises.

Alors que nous sommes en pleine crise économique, que les marges brutes des entreprises françaises sont les plus basses d’Europe, que les plans sociaux s’accumulent, qu’on dénombre 1 328 chômeurs supplémentaires chaque jour, nous avons quotidiennement de nouvelles preuves de l’amateurisme du président de la République et de son gouvernement.

François Hollande veut se convaincre que le délai de grâce de deux ans pour revenir à un déficit de 3 % accordé par la Commission européenne est une bonne nouvelle. Mais c’est reculer pour mieux sauter ! L’austérité qui sera menée sera peut-être un peu moins brutale car étalée dans le temps, mais elle restera forte (avec un ajustement annuel de 1,3 point de PIB de 2012 à 2015) et très douloureuse car il n’y a aucune chance pour que le chômage baisse avant 2015.

Bercy a déposé il y a quelques jours au Parlement son projet de loi de règlement du budget de l’État au titre de l’année 2012, aux fins d’approbation des comptes. Alors que la France est entrée en récession, le gouvernement s’autocongratule en affirmant que « la France […]a bien résisté, ne subissant pas de repli marqué de son activité à l’inverse de ses partenaires de la zone euro ». Pourtant, en 2012, tous les secteurs d’activité sont marqués par la dégradation de l’activité.

À l’été 2012, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a augmenté brutalement le forfait social en le faisant passer de 8 à 20 %. S’il avait voulu déstabiliser le climat social des PME et des grandes entreprises, il ne s’y serait pas pris autrement. Cette décision a notamment abouti pour de nombreux salariés à la fin de l’abondement d’employeur aux plans d’épargne d’entreprise (PEE) et plans d’épargne pour la retraite collectifs (Perco). Sans oublier la perte de revenus non négligeable pour plusieurs millions de salariés à la suite de la suppression des heures supplémentaires défiscalisées.

En additionnant les mesures du premier budget rectificatif de 2012 de la nouvelle majorité (relèvement du forfait social – la fiscalité sur l’intéressement et la participation -, taxe sur les dividendes) aux mesures du budget 2013 et du financement de la Sécurité sociale, on atteint des hausses de prélèvements de 16 milliards sur les entreprises. À cette somme, il faut ajouter les 3 milliards de prélèvement écologique que le gouvernement a prévu pour financer son crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). Au total, la hausse des prélèvements sur les entreprises atteint donc 19 milliards d’euros pour un crédit d’impôt de 20 milliards qualifié de « révolution copernicienne » par M.Moscovici ! Le gouvernement n’a fait que donner d’une main ce qu’il a repris de l’autre. Tout cela pour aboutir à l’attribution de 4 324 CICE pour 2,5 millions d’entreprises asphyxiées !

Pour sortir de la crise, le gouvernement doit diminuer significativement les dépenses publiques, baisser les cotisations patronales et salariales, exonérer de charges sociales pendant trois ans les TPE qui embauchent en CDI un chômeur, opter pour une flexisécurité plus opérante.

C’est ainsi que nous gagnerons en compétitivité, que nous aurons une chance de réindustrialiser la France et de créer de l’emploi.

Visite des ateliers Hermès et Puiforcat

Près de 1000 salariés travaillent sur le site de Pantin d'Hermès, univers du luxe, du savoir-faire et de la discrétion. 

A côté du showroom appelé Podium Hermès, une salle de sports destinée aux salariés, une "école du cuir" et une crèche. 

A la classique fabrication de ceintures, sacs et malles, c'est au tour de la conception des textiles (le très célèbre carré H), les vestes et les arts de la table d'être présents à Pantin (en partie du moins car d'autres zones de fabrication sont installées dans le sud de le France).

La sur-réglementation handicape la compétitivité de nos entreprises

Laure de La Raudière est député de la 3ème circonscription d’Eure-et-Loir, elle s’élève contre la sur-réglementation qui pénalise les activités des entreprises. En quoi notre regard sur les entreprises doit-il changer?


La France compte-telle un grand nombre de réglementations obsolètes ou inutiles? 


D’habitude, je suis attachée à notre culture spécifiquement française, mais il en est une qui m’exaspère – comme la majorité des Français d’ailleurs – c’est notre capacité étonnante à produire des normes! Nous pourrions citer de nombreux exemples de réglementations obsolètes ou stupides. L’inflation législative (ou surréglementation) est . Monsieur Hollande cherche des points de compétitivité: voilà où il peut en trouver! On estime à 200.000 le nombre de normes françaises pour «seulement» 20 000 le nombre de normes européennes… Imaginez qu’entre 1980, et aujourd’hui, la longueur moyenne du Journal officiel est passée de 15 000 pages à plus de 25 000 pages…
Il existe tout d’abord un corpus juridique constitué de normes obsolètes, voire même en contradiction avec les normes appliquées, qui n’ont plus aucune raison d’exister et mériteraient d’être tout simplement supprimées. Le jour où mon boucher m’a annoncé que son apprenti mineur, n’avait pas le droit de se servir de couteaux sans avoir une autorisation de l’inspection du travail, je me suis pincée pour voir si je ne rêvais pas! De même un apprenti mineur n’a pas le droit de monter sur un toit chez un couvreur, et un jeune, chez un éleveur laitier, n’a pas le droit de traire…


Quel impact produit cet excès de réglementation sur les entreprises? 

La sur-réglementation a des répercutions importantes pour nos entreprises: les employeurs se montrent réticents à embaucher du fait des obligations liées au franchissement de seuils d’effectifs (par exemple à partir de 11 salariés: mise en place des délégués du personnel ; à partir de 50 salariés: Mise en place du Comité d’Entreprise et du Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail, désignation de délégués syndicaux, négociation annuelle obligatoire, mise en place d’un Plan de Sauvegarde de l’Emploi en cas de licenciement économique collectif ; etc. Une étude de l’INSEE (économie et statistique n°437) avait constaté en 2012 qu’au vu des données fiscales disponibles, «on compte 33 000 entreprises de 9 salariés pour 17 000 entreprises de 10 salariés soit 1,9 fois plus d’entreprises de 9 que de 10 salariés». De même, à partir des données fiscales, «on compte 2,4 fois plus d’entreprises de 49 salariés que d’entreprises de 50 salariés». Ces chiffres montrent bien l’impact des effets de seuils sur l’emploi et notre économie… Par ailleurs, et c’est tout à fait révélateur de notre normativité excessive: Une raison de plus pour le chef d’entreprise de ne pas vouloir franchir ce seuil!


Parallèlement à cette normativité excessive vient également s’ajouter une autre spécificité bien française, qui consiste à durcir les réglementations européennes lors de leur transposition en droit Français! 

Il est ainsi surprenant que nous ayons 45000 installations classées en France, alors que l’application de la réglementation européenne strico sensu, conduirait à ne classer que 15000 installations…, pour ne citer qu’un seul exemple. A de nombreuses reprises depuis les années 1990, des voix se sont élevées afin de dénoncer cette inflation délirante, et les différents gouvernements de droite ont tenté d’y apporter des solutions. Lors de sa campagne présidentielle de 2012, le Président Nicolas Sarkozy avait consacré un de ses déplacements à ce sujet, en proposant de supprimer une norme dès lors qu’une autre était adoptée. 
Dans ce sens, le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault vient de nommer Jean-Claude Boulard, ancien conseiller d’État honoraire et Maire du Mans, ainsi qu’Alain Lambert, Ancien Ministre et Président du Conseil général de l’Orne, à la tête d’une Mission de lutte contre l’inflation législative. Mais l’objectif affiché concerne les normes s’appliquant aux collectivités territoriales et se limite, selon les propres déclarations de Jean-Claude Boulard, à une cinquantaine … dans un premier temps!

Quelles dispositions faudrait il prendre pour s’attaquer sérieusement au problème selon vous?

Si cette initiative est louable, on ne peut que regretter son manque d’ambition en ne se limitant qu’aux seules collectivités territoriales! Le fait de ne pas s’occuper des entreprises, est symptomatique de la gauche. C’est oublier avec un certain mépris tous les acteurs économiques, en charge pourtant de la première préoccupation des français: l’emploi. Le mal est aujourd’hui si profond qu’un travail de fond de l’ensemble de notre corpus juridique serait salutaire. Pour cela, il conviendrait d’élaborer un système souple de dénonciation d’une règle qui n’a plus lieu d’être, et que le Gouvernement rédige des ordonnances deux fois par an pour les supprimer! Parallèlement, il faut impérativement s’imposer comme principe de ne pas durcir les réglementations européennes. Organisons-nous plutôt pour porter nos objectifs réglementaires ou législatives au niveau européen!

Seule une volonté politique forte et ambitieuse le permettra. J’espère sincèrement que le Gouvernement qui prétend avoir l’emploi et la relance de notre économie comme objectif principal, prendra conscience de l’ampleur de la situation. Il est en effet urgent d’alléger la gestion des entreprises, de libérer les talents et les énergies en France!
 

Tribune dans le Monde : Arrêtons d'accabler nos entrepreneurs !