Alain Houpert

Notre revue GEEA : Entreprises : les bons tuyaux pour l'innovation et l'emploi

Les "vieux" à la campagne par Alain Houpert

Capture d’écran 2019-07-31 à 20.11.32.png

Sous ce titre provocateur (clin d’œil aux « villes à la campagne » de l’humoriste Alphonse Allais), le Sénateur de la Côte-d’Or Alain Houpert plaide pour l’installation d’établissements destinés aux seniors dans les territoires ruraux, à rebours de ce que préconisent les Agences régionales de santé.

Véritables lieux de vie intergénérationnels, ils pourraient devenir des pôles d’attractivité générant autant du lien social que des activités économiques et proposent une voie inédite pour un aménagement intelligent du territoire.

Pourquoi cette idée d’installer des EHPAD à la campagne ?

Autrefois, quand un patient était affaibli, on l’envoyait respirer « le bon air » et les anciens vivaient leurs vieux jours en famille. Aujourd’hui dès qu’il perd son autonomie, on entasse le senior dans des fabriques à vieillir ou des mouroirs à étages. Cachée aux yeux de ceux qui ne sont pas des soignants, la finitude n’est plus un motif de réflexion sociale mais un résidu de conscience qui se réveille lorsqu’on y est personnellement confronté. Les maisons de retraite sont des projets immobiliers où le destin des occupants est relégué au dernier plan. Nous devrions retrouver ce chemin du « bon air » qui n’est autre que celui du bon sens !

Comment voyez-vous ces EHPAD nouvelle génération ?

Ces maisons de soins seraient le poumon de la commune, à condition de les envisager comme des structures multi-géné- rationnelles, en prise avec la cité. On n’y trouverait pas seulement des résidents et leur écosystème médical, mais des activi- tés liées : une pharmacie ouverte à tous, des logements à proximité pour le per- sonnel soignant, des services hôteliers pour accueillir les familles, une restauration collective, des ateliers et des jardins partagés. Ce serait une chance pour les résidents qui ne seraient plus coupés du monde au point de sombrer très vite dans la dépendance sévère ou une apathie mor- bide et une chance pour les citoyens dès le plus jeune âge : vieillir, mourir, reprendraient leur place dans le cycle de la vie.

Il semble plus rationnel d’ins-taller les EHPAD près des villes pour des questions de proximité avec les familles et les centres hospitaliers.

Je pense au contraire que la ruralité est une voie pour réduire les coûts de la dépendance. Au lieu de payer du foncier, on payera des soins. Débloquer les implantations d’EHPAD dans les zones rurales, auxquelles se refusent encore les Agences régionales de santé, serait une chance pour le patient et le territoire. Le patient bénéficiera de tarifs moins prohibitifs et donc d’un reste à charge plus abordable pour lui ou sa famille car le prix du foncier est fortement en cause dans le calcul des prix de journées. On me rétorquera que, du fait de l'éloignement, les visites risquent d'être moins nombreuses... À cet argument idéologique, pour ne pas dire technocratique, je réponds que les visites seront de meilleure qualité : dans un environne- ment qualitatif, les familles auront envie de passer plus de temps avec leurs proches.

Ce serait donc une nouvelle voiepour l’aménagement du territoire ?

Repenser la localisation territoriale de l’offre de soins est un enjeu de toute première importance pour les territoires, y compris en terme d’attractivité. L’implantation d’un EHPAD ou le maintien d’un hôpital permet aussi de localiser des emplois masculins et surtout féminins (majoritaires dans ce secteur), qui font tant défaut lorsque d’autres secteurs économiques veulent embaucher : il est de plus en plus difficile de recruter des cadres en zone rurale quand il n’y a pas de travail possible pour le conjoint.

Quel serait l’impact sur le secteur médical ?

Si on avait une vision holistique de la santé, on verrait qu’il ne s’agit pas seulement d’une richesse pour le patient et pour le pays, mais d’un remède à la crise que traverse la profession médicale. En obligeant les soignants à faire mieux avec toujours moins de moyens, on les a démobilisés. En outre, la « médecine de ville» encaisse la crise des professions libérales : assommés par les charges, les médecins n’ont plus la force de s’installer seuls. Ce stress n’existerait pas dans des établissements ruraux tels que je les appelle de mes vœux. Nombre de communes se sont battues pour avoir des villages vacances : le temps est venu de se battre pour des « villages de soins », économiquement viables et emplis de bienveillance et d’attention.

Petit-déjeuner autour de Catherine Colonna, ambassadrice, représentante permanente de la France auprès de l'OCDE

En présence d’Olivier Dassault, Pascal Bois, Yves Bouloux, Bernard Brochand, Guillaume Chevrollier, Josiane Corneloup, Pierre Cuypers, Olivier Damaisin, Typhanie Degois, Philippe Dominati, Virginie Duby-Muller, Jean-Jacques Ferrara, Claude de Ganay, Laurent Garcia, Michel Herbillon, Alain Houpert, Brigitte Kuster, Constance Le Grip, Sylvain Maillard, Eric Pauget, Frédéric Reiss et Pierre Vatin.

En présence d’Olivier Dassault, Pascal Bois, Yves Bouloux, Bernard Brochand, Guillaume Chevrollier, Josiane Corneloup, Pierre Cuypers, Olivier Damaisin, Typhanie Degois, Philippe Dominati, Virginie Duby-Muller, Jean-Jacques Ferrara, Claude de Ganay, Laurent Garcia, Michel Herbillon, Alain Houpert, Brigitte Kuster, Constance Le Grip, Sylvain Maillard, Eric Pauget, Frédéric Reiss et Pierre Vatin.

sur le thème :

« TAXATION DES GAFA : RÉVOLUTION MONDIALE OU EXCEPTION FRANÇAISE ? »

Petit-déjeuner autour de Jean-Dominique Senard, PDG de Michelin

En présence d’Olivier Dassault, Jean-Michel Fourgous, Valérie Beauvais, Bernard Brochand, Valérie Boyer, Pierre Cordier, Rémi Delatte, Vincent Descoeur, Marianne Dubois, Laurent Garcia, Yannick Haury, Michel Herbillon, Alain Houpert, Jean-Luc Lagleize, François-Michel Lambert, Laure de La Raudière, Charles de La Verpillère, Véronique Louwagie, Gilles Lurton, Sylvain Maillard, Pierre Morel-à-L’Huissier, Jean-François Rapin, Frédéric Reiss, Vincent Rolland, Eric Straumann, Laurence Trastour-Isnart, Pierre Vatin et Stéphane Viry.

En présence d’Olivier Dassault, Jean-Michel Fourgous, Valérie Beauvais, Bernard Brochand, Valérie Boyer, Pierre Cordier, Rémi Delatte, Vincent Descoeur, Marianne Dubois, Laurent Garcia, Yannick Haury, Michel Herbillon, Alain Houpert, Jean-Luc Lagleize, François-Michel Lambert, Laure de La Raudière, Charles de La Verpillère, Véronique Louwagie, Gilles Lurton, Sylvain Maillard, Pierre Morel-à-L’Huissier, Jean-François Rapin, Frédéric Reiss, Vincent Rolland, Eric Straumann, Laurence Trastour-Isnart, Pierre Vatin et Stéphane Viry.

sur le thème :

« RÉCONCILIER ENTREPRISE ET SOCIÉTÉ : CELA PEUT-IL ROULER ? »

Notre revue GEEA : Accélérons la croissance !

Le Figaro : «Loi Pacte : il faut aller plus loin pour libérer notre croissance !»

logo figaro.jpg

Lire l’article en ligne

Les membres de «Génération entreprise-Entrepreneurs associés» soutiennent les mesures de la loi Pacte mais demandent davantage d'audace. - Crédits photo : ERIC FEFERBERG/AFP

Alors que le gouvernement d'Édouard Philippe avait tablé sur une croissance de 2 % en 2018, celle-ci connaît en réalité un vrai coup d'arrêt. En stagnant à 0,2 % du PIB au deuxième trimestre, elle devrait ainsi davantage avoisiner les 1,7 % cette année, avec des conséquences en cascade sur notre niveau de chômage ou la situation de nos finances publiques.

Avec un taux de chômage de 9,2 %, la France reste ainsi en queue de peloton de la zone euro, mais elle apparaît surtout comme le membre de l'Union européenne dont le chômage décroît le plus lentement depuis le début de la reprise. Quant à notre dette, cette dernière continue inexorablement de grimper pour s'élever aujourd'hui à 97,6 % du PIB, un niveau sans précédent dans notre histoire.

Mais alors, après la magnifique victoire de la France au Mondial de football, que faire pour que notre pays devienne, aussi, le champion du monde de l'économie et de l'emploi?

Le plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises, dit loi Pacte, offre une opportunité historique pour déverrouiller les principaux freins à la croissance de nos entreprises, libérer leur capacité d'emploi et débrider, enfin, leur formidable potentiel d'innovation.

» LIRE AUSSI - Ce qui va changer pour les salariés et les entreprises avec la loi Pacte

L'installation d'un guichet unique pour la création d'entreprise, la rationalisation des procédures de redressement judiciaire ou encore la libération de l'intéressement et de la participation, conformément à l'objectif du général de Gaulle de mettre fin aux affrontements stériles entre capital et travail, vont notamment dans la bonne direction. Certaines de ces propositions étaient d'ailleurs présentes dans le livre blanc de «Génération entreprise- Entrepreneurs associés», remis au ministre de l'Économie et des Finances, par les 140 parlementaires membres de cette association d'intérêt général, en janvier de cette année.

Profiter d'une conjoncture économique favorable

C'est pourquoi, si nous soutenons les mesures qui visent à lever les obstacles du développement de nos entreprises, de leur création à leur transmission, en passant par leur financement, nous appelons également de nos vœux que certaines d'entre elles soient beaucoup plus ambitieuses. Comme le préconise le FMI, c'est en effet maintenant qu'il faut «réparer la toiture tant que le soleil brille» en profitant de cette conjoncture économique favorable pour mener des réformes courageuses.

C'est notamment le cas de la simplification des seuils sociaux, ces véritables freins à l'embauche qui conduisent notre pays à cette situation unique au monde: deux fois plus d'entreprises de 49 que de 50 salariés!

Certes, la mise en place d'un délai de cinq ans pour répondre aux obligations et l'harmonisation du mode de calcul des effectifs faciliteront la vie des entrepreneurs. Mais pourquoi ne pas aller plus loin en repoussant toutes les obligations du seuil de 50 salariés, même celles du Code du travail, à au moins 100 salariés? L'enjeu est de taille car si notre pays détient l'un des records du monde en termes de créations d'entreprises, avec 591 000 créations en 2017, ces dernières ne grandissent que trop lentement, avec seulement 5 800 entreprises de taille intermédiaire, contre plus de 12 500 en Allemagne!

Concernant le financement de nos entreprises, il faudrait également plus d'ambition tant le léger renforcement prévu du PEA-PME et des fonds Euro-croissance, deux instruments financiers mis en place sous le précédent quinquennat et qui n'ont jamais rencontré le succès escompté, semble insuffisant face à l'urgence de la situation.

Dès lors, pourquoi ne pas déplafonner le dispositif Madelin, le PEA-PME et le financement participatif? Une telle mesure permettrait de combler la fin de l'ISF-PME et de faire émerger de solides «business angels» pour transformer notre épargne stérile en une épargne fertile, au service de l'emploi des Français. Il s'agit en effet de s'attaquer au sujet crucial du renforcement de l'investissement direct des Français vers nos TPE, nos start-up et nos PME en augmentant considérablement l'incitation fiscale en proportion des risques pris, à l'image de l'exemple britannique avec une incitation forte à investir, jusqu'à 1 million de livres, déductible à 30 % de l'impôt sur le revenu.

Alors oui, ne manquons pas d'audace pour réconcilier les Français avec l'économie et leur donner envie de s'impliquer dans la vie de nos entreprises. C'est une exigence si nous voulons libérer les talents, les énergies, les volontés, pour devenir la «Silicon Valley» de l'Europe à horizon de dix ans et redonner à notre pays l'optimisme qu'il n'aurait jamais dû perdre.

Olivier Dassault, député de l'Oise et président de Génération entreprise- Entrepreneurs associés (GEEA), est par ailleurs administrateur de Dassault Médias, société propriétaire du Figaro. Jean-Michel Fourgous, président de l'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, est délégué général de GEEA. La liste complète des 74 parlementaires cosignataires - parmi lesquels Valérie Bazin-Malgras, députée de l'Aube et vice-présidente de l'Assemblée, Michel Herbillon, député du Val-de-Marne et vice-président de l'Assemblée, Annie Genevard, députée du Doubs et vice-présidente de l'Assemblée - peut être consultée sur FigaroVox.

La liste des signataires:

Olivier Dassault, député de l'Oise; Jean-Michel Fourgous, Président Saint-Quentin-en-Yvelines; Valérie Bazin-Malgras, députée de l'Aube et Vice-Présidente; Michel Herbillon, député du Val de Marne et Vice Président; Annie Genevard, député du Doubs et Vice-Présidente de l'AN; Marc Le Fur, député des Côtes-d'Armor; Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes; Daniel Fasquelle, député du Pas-de-Calais; Laure de La Raudière, députée d'Eure-et-Loir; Damien Abad, député de l'Ain; Sophie Auconie, députée d'Indre-et-Loire; Thibault Bazin, député de Meurthe-et-Moselle; Olivier Becht, député du Haut-Rhin; Martine Berthet, sénatrice de la Savoie; Jerome Bignon, sénateur de la Somme; Jean-Yves Bony, député du Cantal; Ian Boucard, député du territoire de Belfort; Céline Boulay-Esperonnier, sénatrice de Paris; Valérie Boyer, députée des Bouches-du-Rhône; Bernard Brochand, député des Alpes-Maritimes; Fabrice Brun, député de l'Ardèche; Olivier Cadic, Sénateur des français de l'étranger; Jacques Cattin, député du Haut-Rhin; Gérard Cherpion, député des Vosges; Guillaume Chevrollier, Sénateur de la Mayenne; Paul Christophe, député du Nord; Dino Cinieri, député de la Loire; Pierre Cuypers, sénateur de la Seine-et-Marne; Typhanie Degois, députée de Savoie; Remi Delatte, député de Côte-d'Or; Stéphane Demilly, député la Somme; Julien Dive, député de l'Aisne; Philippe Dominati, sénateur de Paris; Marianne Dubois, députée Du Loiret; Pierre-Henri Dumont, député duPas-de-Calais; Jean-Jacques Ferrara, député de Corse du Sud; Nicolas Forissier, Ancien ministre, député de l'Indre; Claude de Ganay, député du Loiret; Laurent Garcia, député de Meurthe-et-Moselle; Meyer Habib, député des Français de l'étranger; Philippe Gosselin, député de la Manche; Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin; Alain Houpert, sénateur de la Côte-d'Or; Brigitte Kuster, députée de Paris; Elisabeth Lamure, Sénatrice du Rhône; David Lorion, député de la Réunion; Sébastien Leclerc, député du Calvados; Ronan Le Gleut, Sénateur des français de l'étranger; Constance Le Grip, députée des hauts-de-seine; Vivette Lopez, sénatrice du Gard; Véronique Louwagie, député de l'Orne; Gilles Lurton, député d'Ille-et-Vilaine; Emmanuel Maquet, député de la Somme; Sébastien Meurant, sénateur du Val-d'Oise; Maxime Minot, député de l'Oise; Patricia Morhet-Richaud, sénatrice des Hautes-Alpes; Christophe Naegelen, député des Vosges; Olivier Paccaud, sénateur de l'Oise; Bernard Perrut, député du Rhône; Berengère Poletti, député des Ardennes; Benoit Potterie, député du Pas-de-Calais; Sophie Primas, Sénatrice des Yvelines; Didier Quentin, député de charente maritime; Damien Regnard, Sénateur des français de l'étranger; Jean-Luc Reitzer, député du Haut-Rhin; Maina Sage, député de la Polynésie française; Raphaël Schellenberger, député du Haut Rhin; Eric Straumann, député du Haut-Rhin; Jean-Charles Taugourdeau, député du Maine-et-Loire; Guy Teissier, député des Bouches-du-Rhône; Laurence Trastour-Isnart, députée du Alpes-Maritimes; Isabelle Valentin, député de Haute-Loire; Pierre Vatin, député de l'Oise; Arnaud Viala, député de l'Aveyron; Michel Vialay, député des Yvelines; Stéphane Viry, député des Vosges.

Notre revue GEEA : Un autre regard sur l'industrie

Petit déjeuner autour de Jean-Cyril Spinetta

En présence d’Olivier Dassault, Jean-Michel Fourgous, Thibault Bazin, Valérie Beauvais, Grégory Besson-Moreau, Pascal Bois, Jean-Claude Bouchet, Jacques Cattin, Olivier Damaisin, Loïc Dombreval, Jean-Pierre Door, Jean-Jacques Ferrara, Laurent Garcia, Yannick Haury, Alain Houpert, Jean-Luc Lagleize, Marc Le Fur, Véronique Louwagie, Gilles Lurton, Emmanuel Maquet, Maxime Minot, Christophe Naegelen, Bernard Perrut, Frédéric Reiss, Laurence Trastour-Isnart, Pierre Vatin, Arnaud Viala, Philippe Vigier, Stéphane Viry

En présence d’Olivier Dassault, Jean-Michel Fourgous, Thibault Bazin, Valérie Beauvais, Grégory Besson-Moreau, Pascal Bois, Jean-Claude Bouchet, Jacques Cattin, Olivier Damaisin, Loïc Dombreval, Jean-Pierre Door, Jean-Jacques Ferrara, Laurent Garcia, Yannick Haury, Alain Houpert, Jean-Luc Lagleize, Marc Le Fur, Véronique Louwagie, Gilles Lurton, Emmanuel Maquet, Maxime Minot, Christophe Naegelen, Bernard Perrut, Frédéric Reiss, Laurence Trastour-Isnart, Pierre Vatin, Arnaud Viala, Philippe Vigier, Stéphane Viry

« Et si nous prenions un train d’avance ? »

autour de Jean-Cyril Spinetta, Auteur d’un rapport sur l’avenir du transport ferroviaire

Revue GEEA : Top départ pour la France !

La France n'est pas une start-up nation par Alain Houpert

AlainHOUPERTCréditFrédériqueTOUITOU.jpg

Alain Houpert est né en 1957 à Dijon où il a obtenu son doctorat comme médecin-radiologue, profession qu’il exerce toujours parallèlement à ses missions en tant qu’élu. Il a débuté sa vie politique dans son département d’origine la Côte-d’Or par divers mandats locaux (maire de Salives, conseiller général). Il est Sénateur depuis 2008 dans le groupe LR. Il siège à la Commission des Finances et est particulièrement investi dans deux domaines : les violences (envers les femmes et dans le monde du travail) et la défense des territoires et de leurs élus locaux.

 

Vous avez souhaité axer cet entretien autour de la phrase du Président Emmanuel Macron qui veut faire de la France une « start-up nation ». Pourquoi ce choix ?

Parce que, en tant que parlementaire, cette expression employée par un Président de la République française m’a marqué. Je m’explique. Elle a été prononcée en juin dernier lors du salon Viva Technology, avec l’annonce d’un fonds de 10 milliards d’euros dédiés à l’innovation. Pour être précis, il a même ajouté qu’il souhaitait que la France soit une nation qui « pense et agit comme une start-up ». D’un point de vue sémantique, cela suggère l’enthousiasme, la créativité, l’élan économique, la vision globale, le management participatif, cela invite la France à rejoindre les États-Unis ou Israël parmi les nations innovantes… Elle n’est d’ailleurs pas sans rappeler l’esprit du discours inaugural de John Fitzgerald Kennedy en 1961 et sa célèbre formule : « ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous mais ce que vous pouvez faire pour votre pays ». Sauf qu’entre le discours de JFK et la formule d’Emmanuel Macron, il y a un gouffre qui s’appelle un modèle politique.

Que voulez-vous dire ?

Le discours de JFK était un discours fondateur, un creuset pour la nation, exhortant chaque citoyen américain à participer à un effort commun pour bâtir ensemble un pays : c’est un texte où le mot « politique » - le gouvernement de la cité - prend noblement tout son sens. La phrase d’Emmanuel Macron suggère elle de transformer la France en immense pépinière de start-up, où le citoyen n’est plus l’habitant de la cité, mais est seulement envisagé du point de vue de sa capacité à entreprendre. L’Homo economicus remplace l’Homo politicus en quelque sorte. Cette vision peut-elle constituer un projet politique ? Est-elle compatible avec nos institutions ? Je m’interroge.

En quoi serait-elle contradictoire avec notre modèle politique ?

Quel est le modèle performant de la start-up ? Il est spontané, créatif, dépourvu d’intermédiaires, apte à saisir les bonnes idées d’où qu’elles viennent, transversal et ayant opéré une révolution managériale puisque la hiérarchie pyramidale y a rarement sa place. Notre modèle politique, issu de la Constitution de 1958 est tout autre puisqu’il installe un Président incarnation de l’État, un gouvernement sous l’autorité d’un premier Ministre, une Assemblée nationale et un Sénat qui viennent abonder le débat législatif. Et ce modèle est essentiel à préserver. En tant que citoyen français, gaulliste, il me semble important que notre pays soit physiquement incarné par une seule personne choisie par la majorité des Français. Cela signifie représenter la plus haute autorité de l’État, et être seul responsable de la destinée de notre pays. Mais cela signifie aussi s’appuyer sur les institutions pour gouverner et non pas s’en affranchir : c’est un équilibre subtil entre autorité et respect des débats parlementaires. Un Président n’est pas un manager.

Pourtant on attend de lui des réformes et en premier lieu des réformes économiques : c’est souvent là qu’il est jugé et que les Français attendent des résultats, notamment dans la lutte contre le chômage et pour favoriser la croissance ?

En effet, et ce n’est pas moi qui vais nier que dans notre pays, des réformes sont plus que nécessaires ! Mais il y a une différence entre « gérer » une entreprise, une start-up qui plus est, et « diriger » un pays. Le manager d’une start-up doit être sans cesse à l’affût, prêt à bouleverser sa stratégie d’entreprise pour en assurer la pérennité, voire intégrer dans celle-ci la possibilité de disparaître un jour, soit parce que la start-up n’a pas su faire fructifier la « bonne idée » qui a présidé à sa naissance, soit parce qu’au contraire, elle a su intéresser une autre société qui l’a absorbée à bon prix. Son rapport au temps est immédiat, et parce qu’il doit être rapide, le manager de start-up ne peut pas s’encombrer de concertation dans la prise de décision. Être Président, et de surcroît d’un pays au passé aussi riche et mouvementé que le nôtre, signifie évidemment un autre rapport au temps : envisager une réforme en France, c’est convoquer la mémoire législative et donc historique. Le processus qui aboutit à la promulgation d’une loi, surtout si celle-ci doit bouleverser des acquis, ne peut se faire brutalement et surtout pas en s’affranchissant du débat parlementaire même si notre Constitution le permet grâce aux ordonnances, ou, dans certains cas, par référendum.

Vous y êtes hostile ?

Je ne suis pas hostile au principe : il y a parfois des soubresauts de l’histoire qui obligent un Président de la République à soumettre directement au peuple français une question qui engage la destinée du pays ou à recourir aux ordonnances. Je suis plus réticent lorsqu’un Président, comme Emmanuel Macron l’a fait, annonce d’emblée qu’il recourra aux ordonnances pour réformer par exemple le Code du travail au seul motif « d’aller vite ». Nier le travail parlementaire, c’est se priver de l’expertise d’élus qui pourraient heureusement enrichir ou amender le texte imposé par l’exécutif. Plus grave, c’est aussi nier la culture politique de notre pays. Je ne suis pas certain que, sur le long terme, nos concitoyens soient tout à fait d’accord avec cette négation des élus qu’ils ont choisis.

Pourtant les Français ont choisi une Assemblée nationale acquise à ces principes…

Le calendrier électoral, avec les élections législatives dans la foulée quasi immédiate de l’élection présidentielle, a en effet favorisé une Assemblée nationale majoritairement acquise au Président de la République… et un nombre non négligeable de nouveaux députés totalement novices, pour lesquels la discipline de parti tient lieu de travaux parlementaires. En tant que Sénateur, profondément attaché au débat parlementaire, je le regrette. Je constate d’ailleurs que les Grands électeurs, élus locaux pour la plupart, ont fait la part de l’enthousiasme exubérant de l’après-élection présidentielle lors du renouvellement pour moitié du Sénat puisque le Groupe LREM est très minoritaire à la Haute Assemblée. Je pense que cela confirme l’attachement de nos concitoyens à la représentation parlementaire et ma propre conviction qu’un Président de la République française, s’il doit évidemment se préoccuper de la situation économique de notre pays, ne peut le faire avec des réflexes de manager. Il ne « gère » pas une start-up baptisée France où travaillent des collaborateurs mais « dirige » un beau pays, avec une tradition parlementaire qui a fait ses preuves, habitée par des citoyens. C’est là la différence et la noblesse de sa fonction.

La dernière revue est en ligne !

Petit-déjeuner GEEA autour d'Airbnb

EN PRÉSENCE D'OLIVIER DASSAULT, JEAN-MICHEL FOURGOUS, YVES CENSI, GUILLAUME CHEVROLLIER, JEAN-MICHEL COUVE, DAVID DOUILLET, DANIEL FASQUELLE, MARIE-LOUISE FORT, YVES FOULON, CLAUDE DE GANAY, BERNARD GÉRARD, ARLETTE GROSSKOST, ALAIN HOUPERT, VALÉRIE LACROUTE, ISABELLE LE CALLENNEC, VÉRONIQUE LOUWAGIE, FRÉDÉRIC REISS, FRANÇOIS ROCHEBLOINE, FERNAND SIRÉ, CLAUDE STURNI, PASCAL THÉVENOT, ARNAUD VIALA

EN PRÉSENCE D'OLIVIER DASSAULT, JEAN-MICHEL FOURGOUS, YVES CENSI, GUILLAUME CHEVROLLIER, JEAN-MICHEL COUVE, DAVID DOUILLET, DANIEL FASQUELLE, MARIE-LOUISE FORT, YVES FOULON, CLAUDE DE GANAY, BERNARD GÉRARD, ARLETTE GROSSKOST, ALAIN HOUPERT, VALÉRIE LACROUTE, ISABELLE LE CALLENNEC, VÉRONIQUE LOUWAGIE, FRÉDÉRIC REISS, FRANÇOIS ROCHEBLOINE, FERNAND SIRÉ, CLAUDE STURNI, PASCAL THÉVENOT, ARNAUD VIALA

 

L’implantation d’Airbnb dans le paysage Français n’a évidemment échappé ni aux élus, ni au Gouvernement et surtout pas à Bercy !

Les parlementaires étaient très nombreux au petit déjeuner organisé par le Président Olivier Dassault pour évoquer avec Emmanuel Marill, l’évolution de cette plateforme dans les régions Françaises, qui met en relation les volontaires au voyage et les hébergeurs de la planète.

 

Mais comment expliquer le succès d’Airbnb ?

Pour certains, cette économie est une solution durable, un amortisseur social, vers une sortie de crise, quand d’autres crient à la concurrence déloyale.
D’après Emmanuel Marill, tout le monde est gagnant : les touristes peuvent vivre comme chez l’habitant et se créer des souvenirs, les hôtes bénéficient un revenu complémentaire et les commerces de proximité jouissent de l’impact lié à l’augmentation du nombre de touristes.

Pour la France, deuxième destination au monde après les Etats-Unis, 350 000 logements sont enregistrés sur la plateforme et comptabilise 80% de ces derniers en dehors de Paris. Cette tendance va crescendo : aujourd’hui, Airbnb est présent dans pratiquement 1 commune sur 2 et l’entreprise souhaite participer à la revitalisation et à l’aménagement des territoires.

Les villes y trouvent leur compte. Pour l’instant Airbnb a commencé son expérimentation de la collecte de la taxe de séjour dans 20 villes et l’assumera dans l’ensemble des villes et villages de France à partir du deuxième trimestre 2017. A titre d’exemple, en seulement, un an, rien qu’à Paris, 5,5 millions d’euros de taxe de séjour ont été collectés.

 

D’après Emmanuel Marill, l’hospitalité est au cœur du développement touristique de demain, comme la sécurité des sites. Actuellement, le tourisme représente 7,4% du PIB. Airbnb souhaite créer de la valeur ajoutée dans les zones encore trop faiblement exploitées : « On pourrait en faire bénéficier des centaines de plages, de musées, des milliers de villages qui ne reçoivent pas la visite de touristes étrangers ».

 

Les élus ont beaucoup échangé sur la concurrence,jugée déloyale pour certains, avec l’hôtellerie. La réponse du patron d’Airbnb est limpide : « il n’existe pas d’étude qui démontre qu’Airbnb soit à l’origine de la fermeture d’un hôtel.

Dans certains segments et même quartiers, l’impact d’Airbnb est évident sur l’hôtellerie, mais à une époque récente où le flux de voyageurs ne cessait de croître en France, tout le monde s’y retrouvait. Aujourd’hui, suite aux drames le gâteau est stable et met à l’aune de nos réflexions ce sujet de concurrence.

Je pense qu’il faut garder la tête froide. Des frictions n’auront aucun intérêt à partir du moment où nous sommes à la recherche de flux internationaux ».

GEEA vient de publier son livre blanc !

Remise du livre blanc à Nicolas Sarkozy, Président des Républicains

Communiqué de presse : Nicolas Sarkozy "la priorité absolue c'est un mouvement massif de baisse des charges et des cotisations"

Ayant pour vocation d'être « une force de propositions et de contribuer à créer un environnement légal et fiscal optimal pour les entrepreneurs », Génération Entreprise Entrepreneurs Associées (GEAA) a présenté ce mercredi après-midi au président des Républicains, Nicolas Sarkozy, 20 propositions « audacieuses pour libérer le travail, le capital et l'innovation ».

Présidé par Olivier Dassault, député de l'Oise, composé de dizaines de chefs d'entreprises et de 155 parlementaires, GEEA a une ambition « pédagogique ». Celle, confie Olivier Dassault, de « rappeler à l'opinion publique et aux acteurs politiques que les entreprises, par leur dynamisme et leur réussite économique, participent pleinement à la solidarité nationale, créent des emplois et au final augmentent la richesse de tous les Français ».

Compilées dans un livre blanc baptisé « La croissance d'abord », les 20 propositions formulées par Génération Entreprise « visent à rendre plus compétitive la France pour qu'elle retrouve son influence dans la compétition internationale », souligne Olivier Dassault qui souhaite « plus de liberté » dans notre système économique.

Maire d'Elancourt (Yvelines) et membre de GEAA, Jean-Michel Fourgous souligne l'objectif de toutes ces propositions : une « hyper-croissance » qui se situerait entre 2 et 4 points « seule capable d'arrêter les destructions d'emploi et de sauver la France ».

Des 20 propositions « issues du monde économique », Jean-Michel Fourgous met en avant deux mesures, techniques, qui permettraient de construire une nouvelle période de croissance : la suppression de la taxe sur les plus-values de cessions mobilières et la réduction à 25% de l'impôt sur les sociétés (moyenne européenne) qui est aujourd'hui de 34% en France.

« C'est l'impôt le plus regardé avant de venir investir en France. En le baissant à 25 % nous gagnerons 1% de croissance », assure Jean-Michel Fourgous.

« Pour moi, la priorité absolue c'est un mouvement massif de baisse des charges et des cotisations », assure Nicolas Sarkozy après avoir reçu des mains d'Olivier Dassault, ce livre blanc. « Parce qu'en baissant massivement les charges et les cotisations des entreprises, nous doperons la compétitivité des entreprises qui ont des boulets aux pieds », explique-t-il, constatant que « des pans entiers de nos industries disparaissent parce que le poids des normes et des charges est tel que la perspective de faire des bénéfices n'existe pas ».

Revenant sur la fiscalité du patrimoine, le président des Républicains opte pour une « simplification », en mettant au même niveau fiscalité mobilière et immobilière. « En Allemagne, il y a une taxe à 26% sur tous les produits d'épargne. En France il n'y a pas un produit d'épargne qui ait la même fiscalité », remarque-t-il.

Réaffirmant sa volonté de supprimer l'ISF et de permettre la transmission, en franchise d'impôts, du patrimoine mobilier et immobilier, Nicolas Sarkozy pense surtout dans son projet économique à tous les Français et notamment aux classes moyennes « matraqués fiscalement » depuis l'élection de François Hollande en 2012.

« Il y aurait une incongruité de dire que François Hollande c'est le scandale de 50 milliards d'impôts nouveaux et de considérer qu'il faut les garder. Une alternance sans baisse des impôts pour nous ne serait pas une alternance. Je souhaite une baisse forfaitaire de l'impôt sur les revenus », réaffirme-t-il précisant qu'en cas d'alternance, il souhaitait que « le mouvement de réduction des dépenses soit concomitant au mouvement de réduction des impôts. »

Nicolas Sarkozy a profité de cette remise du livre blanc de Génération Entreprise pour souligner combien « une politique de droite et une politique de gauche, c'est différent ».

Et de prendre appui sur la dernière année de son quinquennat marquée par une croissance supérieure à 2% (2,1%).

« Entre 2007 et 2012, chaque année, la France a eu une croissance supérieure à la croissance européenne. Depuis 2012, la croissance de la France est inferieure à celle de la zone euro », rappelle Nicolas Sarkozy observant que pendant le même temps la croissance de l'Allemagne a été multipliée par deux et celle de la Grande-Bretagne par quatre.

« Ce qui montre que les politiques n'ont pas perdu la capacité de décider et d'influer sur les évènements. Selon que l'on mène une bonne ou une mauvaise politique, on a de bons ou de mauvais résultats », souligne Nicolas Sarkozy rappelant combien la France, confrontée à la crise financière puis à la crise économique sous son quinquennat, « avait pesé sur les évènements », dès 2008.

 

Le « Bore out », ou quand le travail fait mourir d’ennui par Alain Houpert

Sénateur de la Côte-d’Or depuis 2008, Alain Houpert exerce également en tant que médecin radiologue libéral. C’est en praticien qu’il observe les effets pathologiques des pratiques managériales sur les professionnels et en parlementaire qu’il entend agir pour permettre à l’humain de retrouver une juste place dans les entreprises.

 

Parallèlement à votre mission de Sénateur de la Côte d’Or, vous avez choisi de poursuivre votre activité de médecin radiologue, ce qui vous rend particulièrement sensible aux questions de santé et notamment à un phénomène qui prend de l’ampleur dans le monde de l’entreprise : le « bore out ». Qu’est-ce que cela signifie exactement ?

Le « bore out » ou « syndrome d’épuisement par l’ennui » est le miroir inversé du « burn out » désormais bien connu. Le bore out apparaît lorsqu’un professionnel est confronté à une absence de tâches et se trouve donc littéralement dépossédé de son travail tout en étant présent sur son lieu d’activité. On trouve des cas de bore out à toutes les échelles hiérarchiques, dans le secteur privé comme dans le secteur public, et malheureusement cela aboutit parfois à des cas très graves voire dramatiques, pouvant aller jusqu’au suicide. Ce syndrome interpelle d’autant plus que le chômage atteint des records. Il donne à réfléchir sur l’organisation du travail dans les entreprises et les administrations, sur le sens donné au travail par notre société et sur les rigidités qui paralysent le marché du travail. 

 

Comment, en tant que médecin, pouvez-vous expliquer ce phénomène ?

Je crois qu’il est essentiel de rappeler à quel point le travail que l’on exerce constitue une part importante de l’identité. Cette fierté légitime de celui qui exerce son métier avec conscience se trouve brutalement remise en question lorsque « travailler » ne signifie plus rien : très vite, le professionnel fragilisé aboutit à la conclusion que c’est lui-même, en tant qu’individu, qui ne signifie plus rien. Tuer le temps au travail pour légitimer sa présence, c’est donc se tuer un peu. Certains malheureusement ne pourront pas supporter ce « rien » et passeront à l’acte. D’autres afficheront les mêmes symptômes que les personnes touchées par le burn out : dépression, angoisse, risques de maladies cardio-vasculaires… avec un handicap supplémentaire : comment, dans un contexte de chômage contre lequel les politiques publiques se cassent régulièrement les dents, oser se plaindre d’être « payé à ne rien faire » ? Le silence et le mépris de soi prévalent, avec parfois des conséquences dramatiques, sociales mais aussi économiques : en septembre dernier, une étude parue dans Le Figaro soulignait que l’absentéisme a coûté en 2014 45 milliards au secteur privé… La santé était naturellement la première cause invoquée, mais les professionnels interrogés n’hésitaient pas à mettre en avant une mauvaise organisation ou des conditions de travail défavorables, le manque de reconnaissance ou le manque de soutien managérial pour expliquer leur souffrance. Pis encore, dans la fonction publique, le coût de l’absentéisme n’est même pas précisément établi.

 

Comment, au sein des entreprises, lutter contre ce phénomène ?

Exactement comme pour toute action : en y mettant du sens ! Il est primordial de reconstruire la fierté d’être partie prenante d’une entreprise et c’est aux dirigeants notamment d’insuffler cette fierté : elle est un des ferments de la cohésion sociale dans les équipes, à tous les niveaux de hiérarchie, et de l’essor des entreprises. Ces dernières doivent faire l’objet d’une attention prépondérante de notre société. Quant au législateur, il doit être un partenaire, et non un obstacle à cette démarche nécessaire.

 

Est-ce une des directions à donner à la réforme du droit du travail ?

Alors que le gouvernement annonce une réforme d’ampleur du droit du travail, les parlementaires doivent se saisir de la diversité croissante et de l’évolution des modes et des rapports de travail. Le temps des industries lourdes, coûteuses en main d’œuvre non-qualifiée, s’estompe. Et avec lui, le clivage entre patrons et salariés aussi, au point que les discours des partenaires sociaux n’ont plus de réelle résonance dans la société. Le tissu économique se modifie en profondeur, en particulier sous l’influence des systèmes d’information et des applications numériques. Une génération plus jeune et plus qualifiée a désormais pris ses marques dans la vie active, elle veut pouvoir travailler plus, réclame plus d’autonomie… Pour cette Génération Y, la flexibilité apparaît aussi comme un remède au lien de subordination classique qui lui semble déphasé en regard de ses aspirations. La réforme du droit du travail est donc une nécessité pour les entreprises, à qui il appartient d’organiser le travail de manière collective. Aux parlementaires de ne pas les étouffer dans un carcan de normes et de réglementations qui ne prendront pas en compte leurs spécificités : la réforme du droit du travail doit redonner suffisamment de souplesse pour replacer le projet d’entreprise au cœur de la relation de travail, tant individuelle que collective. C’est seulement ainsi que chacun dans l’entreprise pourra se sentir partie prenante de sa trajectoire, de son essor et trouvera du sens à son métier.

 

Les territoires portent-ils les mêmes enjeux ?

Bien sûr ! Je viens d’une région, la Bourgogne, où l’on compte nombre d’exploitations ou d’entreprises familiales, fruit du labeur de plusieurs générations et rayonnant désormais à l’international, mais aussi un tissu de start-up avecun point commun : des capitaux familiaux ou locaux, et un ancrage farouche à leur territoire. Cette identité fonde leur force et donne d’emblée une légitimité à leur activité, qu’elle relève du secteur agricole, industriel ou des nouvelles technologies. Le management local renforce une proximité entre les décisions stratégiques de l’entreprise et les salariés. Pour le dire simplement, chacun sait « pourquoi » et « pour qui » il travaille. Il est différent de parler à un directeur général selon qu’il s’inscrit dans un projet familial ou territorial, ou s’il est placé par un fonds de pension et dépourvu de réelle autonomie ! A ce titre, je crois qu’on ne mesure pas encore l’étendue des dégâts provoqués par l’ISF qui est une des raisons de la délocalisation de notre économie. Notre mission, en tant que parlementaire, est de tout faire pour préserver le tissu économique national sans en entraver le fonctionnement interne : les familles et les territoires restent un moteur puissant du dynamisme de notre pays, préservant jalousement une capacité à porter des projets d’entreprise partagés. Le management intelligent, où l’humain est une donnée capitale de la stratégie, est un secteur passionnant et aussi une des clefs du développement économique de demain.

 

Lu dans les Echos : La loi El Khomri, symbole de tous les renoncements

Lu dans les Echos : La loi El Khomri, symbole de tous les renoncements

90 parlementaires, membres de GEEA ont publié cette tribune dans les Echos pour dénoncer le projet de loi El Khomri.