Pour baisser les impôts, il faut baisser les dépenses publiques par Eric Ciotti

N’oublions jamais cette vérité première : l’argent public est d’abord le produit des impôts. Ce rappel exige qu’on utilise cet argent avec parcimonie, afin que chaque euro dépensé soit utile et efficace. Car maîtriser les dépenses publiques est la seule condition pour faire baisser les impôts. 

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L’économie est d’une logique implacable : notre dette publique ne cesse d’augmenter car les dépenses annuelles du budget de l’État sont plus importantes que nos recettes. Le budget de la France est en déficit depuis

1974. Résultat, notre pays doit emprunter pour pouvoir rembourser ses créanciers. Et s’endetter toujours plus...
Ce cercle vicieux conduit au paradoxe sui- vant : alors même que notre déficit public a baissé, pour atteindre 59,3 milliards d’euros en 2017 contre 75,9 milliards un an plus tôt, cette diminution du déficit n’a pas permis de réduire la dette, qui conti- nue à s’accumuler. 

On assiste aujourd’hui à la dérive d’un État glouton qui a également contaminé certains élus locaux qui pensent que l’on peut dépenser sans compter l’argent public ! 

La France est ainsi parvenue à être à la fois la championne d’Eu- rope des impôts et de la dépense publique. Avec une fiscalité insup- portable et une dette qui continue d’augmenter car nous dépen- sons trop, notre pays perd sur les deux tableaux.

Quelques chiffres ont de quoi nous faire frémir. Notre dette est désormais de 2 218 milliards d’euros, soit 66 milliards de plus qu’en 2016. La dépense publique de notre pays représente 56% du PIB... et elle ne cesse de croître.

Les dépenses de l’État, elles, vont encore augmenter de 7,3 mil- liards d’euros en 2018. Dans le même temps et pour la première fois dans notre histoire, le taux des prélèvements obligatoires a franchi la barre des 45% !

Chacun semble s’être habitué à cette situation intolérable. Nous en oublions presque que la dette freine déjà lourdement notre compé- titivité et peut être mortelle pour notre économie.

Par immobilisme, par manque de courage politique ou par amateu- risme, rien n’est fait pour endiguer ce phénomène. Jusqu’à quand allons-nous accepter cette situation ?

Si rien n’est fait, notre pays risque tout simplement la faillite. Si rien n’est fait, ce sont les générations futures qui rembourseront ces dettes. Il est facile, trop facile, de dépenser l’argent public. Il est facile, trop facile, d’investir et de réaliser des grands projets sans compter ce qu’on dépense... Il est bien plus diffi- cile de faire ces mêmes projets sans aug- menter la fiscalité. A court terme, chaque Français constate sur sa fiche d’impôts

une augmentation massive de la fiscalité. Depuis son élection en mai 2017, Emmanuel Macron a instauré 8 impôts et taxes sup- plémentaires. En 2018, c’est plus 4,5 milliards d’impôts selon l’Insee, et autant de pouvoir d’achat perdu par les Français. La hausse de la CSG de 1,7 points pour des retraités ayant travaillé toute leur vie est injuste. 8 millions de  retraites subissent, dès cette année, une hausse de CSG de 25%.
Dans le même temps, les entreprises n’ont vu aucune baisse de leurs charges. Pourtant, tout ceci est logique. Ces hausses d’impôts sont la conséquence du manque d’effort du Gouvernement pour lutter contre le gaspillage de l’argent public. 

Il est temps de dire stop et de mettre un terme à un système qui marche sur la tête. Une remise à plat de notre fiscalité s’impose. Aujourd’hui, il faut rendre leur liberté aux Français et baisser leurs impôts massivement. Il faut baisser massivement la fiscalité des classes moyennes et rendre l’impôt plus juste.

Nous vivons dans un pays où les initiatives privées sont nombreuses et où les talents ne demandent qu’à s’exprimer. Ayons le courage de défendre la participation des salariés dans l’entreprise – vieille idée gaullienne – pour renforcer les mécanismes d’intéressement qui profiteront à l’ensemble des salariés et augmentera leur motivation.

Baissons massivement les charges sur les entreprises, notamment pour ceux qui décident d’embaucher en CDI ou qui investissent sur la jeunesse, afin de créer de l’emploi qui permettra de faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’État.

Oui, il faut dire stop aux contraintes fiscales et aux règlements absurdes qui créent une chape de plomb sur notre économie. C’est le seul moyen de redonner à la France la compétitivité dont elle a besoin pour affronter les défis qui se présentent à elle.