Les territoires ruraux sont aussi une chance pour nos entreprises par Olivier Damaisin

Olivier Damaisin, Député LREM depuis juin 2017, est avant tout fort d’une expérience de terrain : il a d’abord été adjoint au Maire et Vice-Président d’une communauté de communes d’un territoire rural de Lot-et-Garonne. Cet ancien sportif, chef d’entreprise, connaît les atouts et les faiblesses du terroir pour développer et attirer les TPE-PME, mais aussi de grands groupes. Membre de la Commission finances, il entend défendre une ruralité moderne, loin des clichés... 

 

Capture d’écran 2018-05-22 à 23.34.31.png

Vous êtes membre de la Commission des finances, pourquoi avez-vous choisi de siéger dans cette Commission ? 

Comme chacun sait, les finances sont le nerf de la guerre. Nos territoires ruraux ont parfois l’impression, erronée, d’être délaissés par les instances natio- nales. J’ai donc choisi de siéger dans cette Commission pour être au plus près des discussions et des projets, afin de répondre aux préoccupations de ma cir- conscription. Les attentes sont fortes pour nos petites entreprises, pour les commerçants et les artisans. J’ai été chef d’entreprise, je connais les difficultés qu’ils peuvent rencontrer.

Vous nous dites que les attentes sont fortes pour les TPE-PME, quel est le poids d’un néo-député dans cette assemblée ?


Je suis obstiné ! Le sport de haut niveau m’a appris à être patient. Depuis dix mois, j’ai eu le temps de comprendre le fonctionnement des institutions. Je me bats donc aux côtés des entreprises et des élus locaux que je côtoie chaque semaine en circonscription, pour les aider et faire remonter leurs revendications. Je me suis par exemple beaucoup impliqué pour le dispositif « Actions cœur de ville » afin que Villeneuve-sur-Lot et tout le territoire finalement, puisse bénéficier du dispositif. Cela implique des concertations avec les commerçants, de nombreux déplacements dans les TPE.

Quels sont selon vous les atouts et les faiblesses des territoires ruraux ?


Les territoires ruraux sont une chance pour toutes nos entreprises. La qualité de vie y est souvent bien meilleure que dans les grandes métropoles, avec un coût de la vie plus abordable, des services acces- sibles, une vie culturelle riche, une éducation de e bonne qualité et à taille humaine. Les entreprises peuvent aussi compter sur des partenaires institutionnels très accessibles et très réactifs. Ainsi de plus en plus de jeunes acteurs de l’économie numérique s’installent et beaucoup d’initiatives tournent autour du digital.

Nous avons aussi de grands groupes comme GIFI (qui vient de racheter Tati) qui ont besoin de se développer. Ces grands groupes sont une chance pour nos territoires, en matière d’emploi bien sûr, mais aussi sur le plan des investissements locaux, voire touristiques. Sur le plan industriel, ils sont un moteur pour nos économies locales.

En contrepartie, l’effort doit être mis sur la formation. Il y a trop d’offres d’emplois non pourvues par manque de qualification. L’exode des jeunes doit être contenu. Nous devons développer les infrastructures numériques (THD) et routières pour être plus attractifs et retenir les talents dont nos entreprises ont besoin. 

Enfin, quels sont les sujets sur lesquels vous travaillez ou que vous souhaitez porter à l’Assemblée nationale ?

J’ai été nommé Rapporteur spécial sur les régimes sociaux et pensions de retraites, ce qu’on appelle communément les « régimes spéciaux ». L’actualité nous montre à quel point la question est sensible dans l’opi- nion. Je travaille notamment avec Jean- Paul Delevoye (nommé Haut-commissaire à la réforme des retraites par le Président Macron) sur ce sujet, et j’ai déjà auditionné bon nombre de responsables syndicaux et de caisses de retraites. L’objectif est de faire un système équitable et universel pour tous, salariés comme indépendants. Plus généralement, je vais également m’investir sur le sujet de la simplification administra- tive et la réforme de l’assurance chômage qui s’adresse aussi aux dirigeants d’entre- prises, artisans et commerçants. Je pense également à nos agriculteurs qui sont en grande souffrance et qui sont des entre- preneurs à part entière. Là encore, nous devons rendre le système plus universel.