Entrepreneurs et élus, ensemble pour défendre l'attractivité du territoire et de l'emploi par Guillaume Chevrollier

Membre de la Commission Aménagement du territoire et du déve-loppement

durable, de la délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes, Guillaume Chevrollier est aussi investi à l’Assemblée Parlementaire de laFrancophonie. Il est cadre dans une entreprise privée.

L’entreprise doit être réha- bilitée à sa juste valeur. Elleest un pourvoyeur d’emplois certes. Mais l’entreprise doit aussi être appréhendée et comprise comme un acteurstructurant qui crée unedynamique de développement territorial. Il serait bon qu’en-trepreneurs et élus se mettent plus souvent autour d’une table pour définir les contours d’un projet local et pérenne.C’est là un grand défi.

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Comment est structuré le tissu économique mayennais ?
La Mayenne, on l’imagine agricole. Et agricole uniquement. Cette réalité est tron- quée ! Le moteur historique, c’est l’agri- culture et l’agroalimentaire. Les turbines, c’est notre industrie, constituée de fleu- rons internationaux sur leurs marchés, et des entreprises à patrimoine familial très ancrées localement.

J’échange régulièrement avec le Président du Medef Mayenne, PDG du groupe Actual, Samuel Tual, sur les atouts de notre terri- toire. Pour lui, la Mayenne est « une terre d’équilibre où l’écosystème est favorable à l’entreprise. La valeur Travail y a un sens particulier. Comme partout, l’avenir du ter- ritoire dépend de la pérennité de ses entre- prises. Elles attendent de la stabilité pour plus de visibilité, de la simplification pour plus d’efficacité et de la liberté pour plus d’expérimentation. »

Comment concilier ruralité et modernité ?
Le monde rural regorge d’idées novatrices et sait produire de la valeur ajoutée aussi bien économique qu’environnementale. Il est conscient de ses atouts et sait que, pour dynamiser son attractivité, il doit faire le pari de la modernité. Ce pari peut être gagné grâce au déploiement du Très haut débit, révolution industrielle indispensable pour lutter contre le désenclavement de nos territoires ruraux, mais aussi le développe- ment des nouvelles technologies. En 1999, le Maire de Laval, François d'Aubert, a com- pris très vite la nécessité de dynamiser, au cœur de la ruralité, la création d’activités nouvelles orientées vers l’industrie du futur. Lorsque, sous son impulsion, se créée le Centre de la réalité virtuelle, Laval se posi- tionne alors comme un acteur précurseur et innovant de la réalité virtuelle et augmentée. Pour la 20ème édition cette année est orga- nisé le salon International des Technologies et Usages du Virtuel qui rassemble startups, multinationales, laboratoires de recherche.

Comment attirer des compé-tences sur un territoire commela Mayenne ?
Avec un taux de chômage de 6,2%, l’enjeu pour la Mayenne, c’est de trouver des com- pétences en adéquation avec les besoins de l’entreprise. Plus de 2 000 emplois sont à pourvoir ! J’attends beaucoup de la réforme de la formation professionnelle et de la promotion de l’apprentissage.

Aussi, il est fondamental de repenser la relation entre l’entreprise et le salarié qui souffre d’une crise de confiance. Il faut favoriser la participation du salarié aux fruits de l’entreprise, créer un sentiment d’appartenance fort, et maintenir un équi- libre entre la recherche de la compétitivité des entreprises et les conditions de travail des salariés. Réinjecter de la souplesse dans l’organisation du travail augmentera la productivité des salariés.

En ce qui concerne l’attractivité, « les entrepreneurs attendent de l’Etat et des collectivités locales la mise en place de projets structurants pour favoriser la connexion du territoire au monde par les axes routiers, le ferroviaire et le très haut débit » selon Samuel Tual. « Une politique volontaire avec des mesures de bon sens au service de l’intérêt commun. »

Quelles relations entre l’Etat et l’entreprise ?
Que chacun reste bien dans son rôle. L’économie française a trop longtemps souffert d’une hypertrophie de l’Etat qui a infantilisé l’entreprise. Le colbertisme à la française. La tentation protectionniste, la centralisation de la politique indus- trielle : c’est fini. Pour autant, le dialogue doit être maintenu et entretenu. C’est l’une des préoccupations du Sénat, qui a à cœur d’accompagner croissance et emploi sur les territoires. La Journée des entreprises qui rassemble entrepreneurs et élus en témoigne. Cette année, nous avons échangé sur les moyens à mettre en œuvre pour améliorer l’adéquation entre les candidats à l’emploi et les besoins des entreprises. L’Etat doit jouer un rôle de facilitateur pour libérer l’entreprise, et créer un environnement propice à son développement.