Aérodrome de Gap-Tallard : Quand l'aéronautique devient écosystème économique par Patricia Morhet-Richaud

Patricia Morhet- Richaud est Sénatrice desHautes-Alpes depuis 2014.Très investiedans la vie politique locale, son engagement date de2001 au moment où elle sera deuxième adjointe

au Maire à Lazer. Elle occupera les fonctions de Maire de 2007 à 2017 etVice-Présidente de la communauté de communes du Laragnais. Patricia Morhet-Richaud est Vice-Présidente de la délégation sénatoriale auxentreprises, membre de laCommission des affaires économiques, elle trèsimpliquée dans différents groupes d’études liés à la chasse, au tourisme, à l’agriculture, à la filière bois et à l’élevage.

Il existe dans nos territoires de véritables pépites. Encore faut-il quela législation française eteuropéenne ne soit pas unfrein à leur essor et que les services administratifs fassent confiance à l’esprit d’entreprise des femmes et des hommes qui en font des secteurs dynamiqueset compétitifs.

 En tant que Sénatrice des Hautes-Alpes pouvez-vous nous citer un exemple ?

Bien sûr, l’aérodrome de Gap-Tallard qui regroupe des activités économiques, de loisirs et de formation. Il faut dire qu’avec ses paysages alpins et son ensoleillement méditerranéen, ce site bénéficie de 330 jours de vol par an. Les loisirs proposés sont multiples : baptême de l’air en planeur, vol en parapente, ULM, saut tandem en chute libre, survol en hélicoptère, en montgolfière, stage de pilotage... Au fil des années, les activités se sont diversifiées et de nouvelles pratiques ont fait leur appari- tion comme dernièrement avec l’ouverture d’un simulateur de chute libre.

Qu’est-ce qui fait la spécificité de l’aérodrome de Gap-Tallard ?

La relation étroite qui existe entre tous les acteurs fait de l’aérodrome de Gap-Tallard un pôle de compétitivité exceptionnel, au rayonnement international, malgré son relatif éloignement avec certains grands aéroports tels que Marseille-Provence (160 kilomètres) ou Lyon Saint-Exupéry (215 kilomètres). La zone d’activités qui s’est étendue sur la commune de Tallard a permis l’implantation et le développe- ment de nombreuses entreprises, toutes spécialisées dans l’aéronautique. Certaines excellent dans la fabrication d’ULM, pièces pour l’aviation de loisirs, de wingsuits ou paramoteurs d’autres dans la mécanique, la maintenance ou la peinture d’hélicoptère, ou d’avion. Certains prestataires sont aussi reconnus pour des travaux aériens tels que le transport, la prise de vue, ou encore les secours. L’aéropôle, situé à l’entrée sud des Hautes-Alpes, affiche désormais complet puisqu’il abrite également deux hôtels, deux restaurants, deux bars et compte de nom- breux autres commerces aux alentours. Cette synergie entre collectivités territoriales et professionnels a permis de créer une véritable dynamique puisqu’à ce jour plus de 300 emplois sont liés à cette activité.

La dynamique du site repose t’elle uniquement sur le tandem collectivités territoriales - entreprises ?


Non, la bonne santé du site c’est aussi grâce à la formation et aux différentes filières professionnelles mises en place localement. Depuis plus de 15 ans, des conventions de partenariat entre l’Université d’Aix-Marseille et les acteurs de la formation ont donné naissance à l'alliance POLYAERO qui regroupe notamment : Armée de l'Air, Ecole des Officiers de l'Armée de l'Air, Ecole des Sous-Officiers de Rochefort, Lycée Pierre Mendès France de Vitrolles et Aristide Briand de Gap, ParisTech Arts et Métiers d’Aix en Provence... Cette fructueuse collaboration a permis d’ouvrir depuis octobre 2016, le Centre d'excellence de formations aéronautiques POLYAERO Hautes-Alpes.

POLYAERO se caractérise par des parte- nariats avec des entreprises de référence ; AIRBUS Helicopters, SAFRAN Group. Ces actions de formations aéronautiques sont orientées vers les domaines du maintien de la navigabilité, du support et de la main- tenance. L’originalité de POLYAERO est de permettre l’accès à la formation pour des étudiants et pour des professionnels ayant un parcours civil ou militaire : la formation initiale, l’apprentissage, la formation conti- nue (reconversion, demandeur d’emploi,) et la Validation des Acquis de l’Expérience

Comment améliorer les offres de formation ?

Il est important que les futurs collaborateurs soient opérationnels dès leur sortie d’école. C’est pourquoi, le monde de l’entreprise et celui de l’enseignement doivent être ouvert l’un à l’autre, pour faciliter les échanges et améliorer l’em- ployabilité des jeunes diplômés.

Les liens de confiance établis entre la communauté éducative et le secteur industriel permettent d’adapter conti- nuellement les formations à un secteur en perpétuelle évolution, où les perspec- tives d’embauche sont bien réelles. Ce mode de fonctionnement ne devrait pas être une exception bien au contraire. Les formations devraient systématiquement répondre aux besoins des territoires et aux attentes des professionnels.