Tribune de Jean-Michel Fourgous : Réconcilions les Français et l'économie !

Entre les Français et l’économie, serait-ce la grande incompréhension ?

En 2016, une étude Allianz plaçait la France en bonne dernière des pays européens en matière de culture financière, l’Autriche et l’Allemagne se situant tout en haut du classement. En 2017, un sondage IFOP montrait également que 63% des Français n’avaient aucune idée de l’ordre de grandeur du PIB quand 65% ne connaissaient pas l’ampleur de notre dette publique... dont le montant historiquement élevé, à près de 100% du PIB, ne devrait pourtant laisser personne indifférent !

Plus récemment encore, ce fut au tour du Comité stratégique d’édu- cation financière d’en faire l’amer constat : selon leur enquête, près de 60% des Français ne maîtrisent pas l’effet de l’inflation sur leur pouvoir d’achat ni le calcul d’un intérêt sur un placement...

Ce manque de culture économique est grave : selon le prix Nobel Edmund Phelps, un tel déficit coûterait 1 point de croissance à notre pays chaque année ! C’est pourquoi, il est urgent de pour- suivre cet indispensable travail de pédagogie de l’économie dont c’est d’ailleurs l’une des missions de « Génération Entreprise – Entrepreneurs Associés ».

Transformer une épargne stérile en épargne fertile

Réconcilier les Français et l’économie, c’est notamment leur faire prendre conscience de l’importance du facteur « capital », véritable matière première de la croissance, et les inciter à investir plus activement leurs économies dans nos entreprises.

C’était l’ambition des mesures défendues sans relâche par notre groupe parlementaire, à l’image de l’ISF-PME dont la suppres- sion est à regretter, ou de l’amendement Fourgous-Dassault sur l’assurance-vie qui a permis de déplacer 88 Mds€ vers l’investis- sement productif, au service de l’emploi des Français.

Oui, il faut faire de nos concitoyens des acteurs impliqués de notre économie, davantage que de simples spectateurs, sou- vent critiques. C’est aussi l’un des objectifs de la loi Pacte pré- sentée par Bruno Le Maire, mais les mesures seront-elles à la hauteur des enjeux ? On peut malheureusement en douter. Il y a en effet urgence : nos entreprises sont deux à quatre fois moins capitalisées que leurs concurrentes anglaises, allemandes ou américaines. Résultat, elles manquent cruellement de capitaux pour innover, se développer ou embaucher...

Alors, au moment où seulement 11% de l’épargne des Français est allouée au financement des fonds propres des entreprises, pour- quoi ne pas faire preuve de plus d’audace en s’inspirant notam- ment de ce qui marche à l’étranger, à l’image du dispositif anglais de l’EIS (Entreprise Investment Scheme) et sa forte incitation à investir, jusqu'à 1 million de livres déductibles à 30% de l'impôt sur le revenu ? C’est un impératif si nous voulons vraiment libérer notre économie dont la croissance tourne désormais au ralenti.

Le numérique peut doubler notre croissance

RéconcilierlesFrançaisetl’économie,c’estaussipréparernosconci- toyens à la révolution numérique sans précédent, dont le raz-de- marée technologique n'épargne aucun secteur : d'ici 2030, 85% des emplois vont ainsi être profondément transformés par le numérique et la robotisation qui seront même plus efficaces que l'homme, y compris pour de nombreuses tâches intellectuelles. Alors, qu’attendons-nous pour former nos enfants à ces bouleversements inédits ?

Le numérique est en effet le plus grand démultiplicateur d’intelli- gence et d’innovation que l’homme ait jamais inventé et nous en sommes encore qu’aux premiers balbutiements !
Selon Accenture, un pays qui mise vraiment sur l’intelligence numérique peut d’ailleurs multiplier par deux sa croissance éco- nomique, quel pays pourrait s’en priver ?

Relever ce défi, c’est bel et bien l’ambition de « Génération Entreprise – Entrepreneurs Associés » pour permettre à la France de s’emparer pleinement de cette révolution numérique inédite et porteuse d’une culture de changements comme d’innovations sans précédent !