Retour d'expérience : ma visite de l'aéroport d'Angers-Marcé organisée par GEEA, par Pierre Vatin

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Le 13 septembre dernier, une délégation de parlementaires, dont Pierre Vatin, Député de l’Oise, s’est rendue à l’aéroport d’Angers-Marcé. Situé à 25km du centre d’Angers, ce site est un atout pour la communauté urbaine « Angers Loire Métropole »,présidée par Christophe Bechu, également maire d’Angers depuis 2014. Cette visite emmenée par le Président de GEEA Olivier Dassault, Député de l’Oise, à l’invitation de notre collègue Jean- Charles Taugourdeau, Député du Maine-et-Loire, fait suite à d’autres visites effectuées en France depuis 15 mois que Pierre Vatin est élu Député. C’est en étant et en demeurant un Député de terrain, à l’écoute de ses concitoyens dans sa circonscription comme à l’extérieur, que son action de parlementaire permettra de faire évoluer positivement notre pays.

Que retenez-vous de votre visite à l’aéroport d’Angers-Marcé ?


Si le développement des entreprises est un de mes centres d’intérêts, je crois que les bonnes idées sont à prendre partout. C'est par l'interconnexion des idées entre ce que je fais dans l'Oise et ce qui se passe ail- leurs que nous créerons les dynamiques de demain : dynamiques de nos territoires mais aussi - puisque les Députés ne peuvent plus être élus locaux - dynamiques de nos textes législatifs. Il s'agit de simplifier pour permettre à nos initiatives de se libérer pour que le cas par cas devienne une réalité, pour que l'accompagnement du créateur, de l'investisseur ne soit pas un vain mot.

Et donc ?

Les projets de développement de l’aéroport d’Angers-Marcé sont économiques et touristiques. L’aéroport a une capacité d’accueil de voyageurs d’affaires et de touristes comme de frêt qui peut beaucoup augmenter. L’aéroport peut se développer parce qu’il est conçu comme un outil d’attractivité du territoire. C’était peut-être une infrastructure onéreuse il y a 20 ans mais la patience des élus et leur détermination portent leurs fruits.

C’est-à-dire ?

Ce que j’ai vu est très prometteur, si l’on accepte de se mettre dans la peau d’un visionnaire et de voir à long terme. Si l’élu local le fait souvent, le législateur doit se mettre dans cette posture et cesser de défaire ce que ses prédécesseurs immédiats ont fait. Dans le seul domaine des transports, de nombreux investissements sont aujourd’hui freinés par l’Etat lui- même. Il est trop lent, prétendument, par manque d’argent. C’est sûrement vrai mais on n’autorise pas les collectivités locales à y aller ou alors dans la seule idée du désengagement de l’Etat. Il doit redevenir créateur d’infrastructures, en partenariat avec les collectivités locales. Dans ma circonscription, si le dynamisme des collectivités territoriales est là, celui de l’Etat est en retard parce que les infrastructures qui dépendent de lui sont en retard. Je souhaiterais que des plans de développement à la fois raisonnables et raisonnés – protection de l’environnement oblige – puissent voir le jour afin qu’on n’oublie pas des territoires qui ont pu prendre du retard quand ils sont défavorisés.

Vous êtes pessimiste ?

Non. Aujourd’hui, on ne peut que se réjouir de la présence des départements et des régions : par exemple, si la fracture numérique va se résorber dans l’Oise dès 2019, c’est grâce à l’effort considérable réalisé par le Conseil Départemental de l’Oise et les agglomérations de Compiègne, Beauvais et Creil. En revanche, si les voies de communication qui relèvent de la compétence de l’Etat sont en souffrance, c’est bien parce que l’Etat tient les rênes et que les collectivités locales ne peuvent pas tout : la RN31 et certaines voies de chemins de fer doivent être largement rénovées. De la même façon, la liaison ferroviaire entre l’aéroport Roissy Charles de Gaulle et Compiègne, Amiens et Saint-Quentin dite liaison Roissy-Picardie sera bientôt une réalité. Mais cette liaison devrait également s’étendre à Crépy-en-Valois et au-delà. C’est parce qu’on a un accès facile à un territoire qu’on réussit à convaincre les entrepreneurs et investisseurs de s’y installer et qu’on crée des facilités d’accès à l’emploi.

Et tous les territoires peuvent en profiter ?

Oui. Le développement en France, dans nos campagnes, doit donner lieu à une vision à long, voire à très long terme. Mettons fin à l’opposition du « vous avez vu combien ça coûte ? » ! Les habitants des territoires délaissés peuvent-ils comprendre cette phrase ? Non. Peuvent-ils être soutenus dans leurs projets ambitieux à long terme ? Oui. L’Etat doit faire confiance aux projets locaux mais aussi y prendre part afin de favoriser le développement de territoires aujourd’hui abandonnés par lui. Autre exemple : la liaison Roissy-Picardie. Les délais qu’il faut à notre pays pour réaliser un projet aussi structurant : on doit être à 25 ans pour les premières études et à 40 pour l’idée. Ceci fait défaut à l’attractivité de l’ensemble de nos territoires.Il nous faut donc combattre cette lenteur et apprendre à être décideurs plus vite là où nous nous embourbons entre procédures complexes et coûts qui finissent par devenir prohibitifs. La lente reprise économique de la France n’est-elle pas pour une part le témoin des barrières que nous nous sommes imposées ces dernières décennies ? Je forme le vœu que l’engagement de l’Etat pour une France plus forte se fasse avec l’engagement de l’Etat pour des territoires plus forts.